Cà et là

  • Derf Backderf a passé son enfance à Richfield, petite ville de l'Ohio située non loin de Cleveland. En 1972, il entre au collège, où il fait la connaissance de Jeffrey Dahmer, un enfant solitaire au comportement un peu étrange. Les deux ados se lient d'amitié et font leur scolarité ensemble jusqu'à la fin du lycée. Jeffrey Dahmer deviendra par la suite l'un des pires serial killers de l'histoire des États-Unis. Son premier crime a lieu à l'été 1978, tout juste deux mois après la fin de leur année de terminale. Il sera suivi d'une série de seize meurtres commis entre 1987 et 1991. Arrêté en 1991, puis condamné à 957 ans de prison, Dahmer finira assassiné dans sa cellule en 1994. Mon Ami Dahmer est donc l'histoire de la jeunesse de ce tueur, à travers les yeux de l'un de ses camarades de classe. Précis et très documenté, le récit de Derf Backderf (journaliste de formation) décrit la personnalité décalée de Dahmer qui amuse les autres ados de cette banlieue déshumanisée typique de l'Amérique des années 1970. Dahmer enfant vit dans un monde à part, ses parent le délaissent, il est submergé par des pulsions morbides, fasciné par les animaux morts et mortifié par son attirance pour les hommes. Personnage fascinant, voire attachant car presque victime de son environnement, Dahmer vit une implacable descente aux enfers vers une folie irréversible.

  • A 21 ans, J. B. se retrouve coincé de nouveau chez ses parents, dans un patelin du fin fond de l'Ohio. Il vient d'arrêter la fac et doit absolument trouver un travail pour ne plus avoir sa mère sur le dos en permanence. Suite à une annonce providentielle, il est engagé comme éboueur contractuel et est bientôt rejoint par Mike, un ancien copain de lycée. Ensemble, ils vont découvrir les joies du métier, se confronter aux habitants les plus dérangés de la ville, aux éboueurs de longue date, aux chiens errants et aux sacs poubelles mal fermés. Pendant une longue année, ils devront faire leur tournée quotidienne sous la pluie, la neige ou sous un soleil de plomb, persécutés en permanence par leur chef, l'infâme Will E.

  • Situé au début des années 1980, dans la banlieue d'Akron, une ville de la Rust Belt frappée par la crise économique, Punk Rock et mobile homes est une comédie déjantée dans le milieu de la musique punk. Le personnage principal, Otto Pizcok, dit « Le Baron », est en terminale et vit dans le parc de mobile-homes appartenant à son grand-oncle. Gros balèze féru du Seigneur des Anneaux à la personnalité un peu borderline, il est à la fois admiré et incompris de ses camarades de classe. Grand fan de musique punk, il fréquente assidûment The Bank, la principale salle de concerts punk d'Akron, alors appelée « The New Liverpool ». Grâce à son impressionnant aplomb, Otto parvient a se débarrasser de son image de nerd pour devenir le guide/roadie de sommités du Punk telles que Joe Strummer ou les Ramones. Il devient même chanteur, et parvient à ses fins avec la gent féminine, mais il finit par péter les plombs en plein concert et, comble de l'horreur, se retrouve seul à l'approche du bal de fin d'année.Avec ses personnages baroques, ses dialogues et situations rocambolesques, Punk Rock et mobile homes est à mourir de rire, tout en étant un véritable documentaire sur la scène punk des années 1980, telle que Backderf l'a lui-même connue dans sa jeunesse.

  • Avec l'Ère de l'égoïsme, Darryl Cunningham se penche sur les relations entre la politique et l'économie, et plus précisément sur l'évolution des doctrines libérales et leur rôle dans le déclenchement de la crise de 2008, puis dans la montée des droites extrêmes en Europe. Cunningham brosse le portrait d'Ayn Rand, auteure très influente aux Etats-Unis, à l'origine de la doctrine de l'objectivisme, qui a influencé les libertariens et de très nombreux hommes politiques américains. Il décrit également les mécanismes en cause dans cette crise et les ravages qu'elle a causés, parallèlement à un nouvel essor des politiques libérales et à la montée de l'individualisme dans nos sociétés. Confrontant pensées conservatrices et progressistes, il questionne le culte de l'argent et de la réussite individuelle, et cette idéologie qui a érigé l'égoïsme en vertu cardinale.

  • La tournée

    Andi Watson

    G.H. Fretwell, un petit auteur de romans peu connus, vit dans une
    petite ville anglaise, avec sa femme, Rebecca, qui ne lui prête pas
    une grande attention. Son nouveau roman, Sans K, vient de sortir et
    Fretwell se lance dans une tournée de rencontres en librairie pour en
    faire la promotion. Plus ou moins bien accueilli dans les librairies
    de son circuit, Fretwell ne réussit jamais à signer le moindre livre
    et passe des journées à arpenter des ruelles pour trouver son chemin.
    Délaissé par son éditeur qui a manifestement d'autres chats à
    fouetter, il attend impatiemment la parution d'une recension de Sans
    K dans la rubrique littéraire d'un grand quotidien, chronique qui ne
    viendra jamais. Les ennuis de Fretwell commencent quand il est
    interrogé par la police à propos d'une valise volée car son circuit
    est étrangement similaire à celui du « Tueur à la valise », un tueur
    en série qui sévit à ce moment là. Fretwell va progressivement
    comprendre que la police le soupçonne... Le nouveau livre d'Andi
    Watson, qui paraît en première exclusivité en France, est un petit
    bijou d'humour noir au style graphique retro. On suit avec délice les
    déboires de cet auteur confronté à une situation où tout lui échappe,
    une histoire kafkaïenne, qui prend une tournure surréaliste au fur et
    à mesure que les problèmes s'amoncellent sur le chemin de Fretwell.

  • Salvador de Bahia, Brésil, de nos jours. Les chemins de quatre habitants de la ville vont se croiser au pied du Fort de Notre-Dame de Monte Serrat, à l'occasion d'un fait divers. Cajù, un dealer à la petite semaine en galère, monsieur Ney, militaire à la retraite complètement névrosé et Richard, policier réputé mais mari exécrable en passe de se faire quitter par sa femme, Keira, se retrouvent tous impliqués dans un incident d'apparence anodine, mais qui va vite dégénérer en une situation dramatique. Tungstène est un polar d'une maîtrise confondante. Dans ce petit bijou noir, véritable mécanique de précision, les histoires des principaux protagonistes sont inextricablement liées les unes aux autres. Confrontés à une crise, ils se retrouvent poussés dans leurs retranchements, sur le point d'atteindre le point de rupture (le tunsgtène étant le métal ayant le plus haut point de fusion). Empruntant à la fois aux codes narratifs et visuels du comics, de la bd franco belge et du manga, Marcello Quintanilha met en scène avec maestria ce récit alternant scènes d'actions débridées et questionnements intérieurs, avec en toile de fond la réalité du Brésil d'aujourd'hui.

  • Née en 1880 dans l'Alabama, la petite Helen Keller devient aveugle et sourde à l'âge de dix-neuf mois, probablement des suites d'une méningite. Elle devient alors incapable de communiquer avec son entourage, si ce n'est avec quelques gestes maladroits. Sa vie va être bouleversée à l'âge de six ans quand ses parents engagent Annie Sullivan comme gouvernante. Annie Sullivan, alors âgée de 20 ans, vient de finir ses études à l'Institut pour aveugles Perkins. Elle-même mal voyante, elle a appris à enseigner la langue des signes dans cette institution précurseur. Elle va prendre en charge l'éducation de Helen Keller, et au fil des mois elle va réussir non seulement à établir un contact avec l'enfant, mais à lui apprendre le langage des signes, puis l'écriture. Les deux femmes resteront amie à vie.Helen Keller deviendra une figure de la société américaine, écrivain féministe, elle mènera également un combat politique, sera membre du parti socialiste américain et créera une fondation. Complémentaire des livres ou films existant à propos d'Helen Keller, cette bande dessinée est centrée sur l'histoire de cette extraordinaire rencontre et sur les nombreux obstacles contre lesquels va buter Annie Sullivan dans une famille très conservatrice du Sud des États-Unis. Une incroyable leçon d'humanité, magnifiquement dessinée par Joseph Lambert.

  • "Après Une Métamorphose Iranienne et le Petit Manuel du parfait réfugié politique, Mana Neyestani réalise un fascinant docu-fiction à propos d'un tueur en série qui a sévi dans l'est de l'Iran au début des années 2000. Basé sur des entretiens filmés par deux journalistes proches de Mana Neyestani, L'Araignée de Mashhad retranscrit le parcours de Said Hanaï, qui, au prétexte de se conformer à des prescriptions religieuses, assassina seize femmes prostituées ou droguées en quelques mois dans la ville sainte de Mashhad, située au nord-est du pays. Le tueur amenait toutes ses victimes chez lui avant de les étrangler, d'où l'appellation par les médias de « meurtres de l'araignée ».Alternant véritables interviews du tueur et passages fictionnels, Mana Neyestani dévoile aussi bien le point de vue du tueur, que celui de ses proches, de ses victimes, ou du juge en charge du dossier. Il met en lumière le poids d'une vision rigoriste de la religion dans cette ville, l'une des plus conservatrices du pays, où une partie de la population a manifesté en soutien au tueur après son arrestation. Combinant différents registres narratifs et graphiques en passant d'un protagoniste à l'autre, Mana Neyestani montre à travers ce fait divers une société malade, où ceux qui vivent en marge sont considérés comme des sous-humains, allant parfois jusqu'à justifier les pires extrémités."

  • Avec Filmo Graphique, Edward Ross combine ses deux passions, le cinéma et la bande dessinée et nous fait (re)découvrir des pans entiers de l'histoire du cinéma.Edward Ross a fait des études de littérature et de cinéma avant de travailler pendant six ans au Festival International du Film d'Édimbourg, où il a vu des centaines de films. Dans son livre, il traverse toute l'histoire du cinéma, de sa création à la fin du XIXe siècle jusqu'à l'avènement de la 3D, à travers des analyses de films regroupés par grandes thématiques (la représentation du corps, le son, les décors, la voix, le temps...) et des citations de théoriciens du cinéma. Edward Ross a réalisé pour ce faire une sélection qui reflète son panthéon personnel, navigant des films grands publics les plus commerciaux à des longs-métrages beaucoup plus pointus, une sélection qui mélange les genres, les époques et les continents, de Star Wars à Hiroshima mon Amour en passant par Do the right thing.Au fil des pages, Edward Ross redessine des scènes iconiques du 7ème art, créant un impressionnant patchwork visuel et narratif constitué de plus de 300 films. Il compose ainsi une filmographie graphique, dans laquelle il se met en scène, à la fois scénariste, réalisateur et acteur.

  • Ville Nouvelle dévoile le quotidien d'une équipe d'architectes entre
    1958 et 1977, ainsi que l'avancée de leur projet de reconstruction
    d'une ville européenne, à la suite des ravages de la guerre. Ce qui,
    au départ, devait être un chantier novateur, habité par la soif du
    progrès ainsi que le désir de s'affranchir du passé et de
    révolutionner le monde, prend progressivement mauvaise tournure.
    L'euphorie initiale fait place à l'abattement. Le futur qui avait été
    idéalisé devient une dure réalité qui déçoit. On fini par construire
    une ville où l'homme n'a plus vraiment sa place, où tout est
    robotisé. Mêmes les architectes sont remplacés par des machines et il
    ne reste plus personne pour servir le café... Dans ce premier livre
    très maîtrisé, au registre graphique empreint de design Trente
    Glorieuses, l'architecte polonais Lukasz Wojciechowski décrit avec
    ironie un univers rétro futuriste pas si dystopique que ça , où les
    fantasmes architecturaux, les évolutions technologiques et les
    délires urbanistiques post-Seconde Guerre mondiale provoquent la
    lente déshumanisation des villes.

  • Elmer

    Gerry Alanguilan

    Octobre 2003. La vie de Jake Gallo est un enfer, il n'arrive pas à trouver de travail, son père vient de faire une crise cardiaque, Son frère Freddie est devenu une star du cinéma, mais le plus difficile à avaler, ce sont les frasques sentimentales de sa soeur May qui s'est mise en tête d'épouser... un humain. Car les Gallo, comme les autres poules et coqs du monde entier, sont subitement devenus conscients en 1979 au grand désarrois de l'espèce humaine. Suite au décès de son père, Jake va découvrir l'histoire de sa famille et de son père, Elmer, qui fait partie de la génération des coqs qui ont dû apprendre à cohabiter avec les hommes.Elmer est l'histoire d'une famille de gallinacés qui lutte pour survivre dans un environnement hostile. Un véritable drame familial dans un monde où toute une catégorie de la population est ostracisée par la classe dominante, et où tous vivent dans un état de défiance mutuelle. A la fois drôle et émouvant, Gerry Alanguilan, maîtrise de bout en bout avec une candeur enthousiasmante cette parabole maquillée en chronique délirante. Philippin, il a auto édité Elmer entre 2006 et 2008. Elmer est le premier roman graphique philippin a être traduit en France.

  • Brésil, années 1950, dans la Baie de Guanabara. (état de Rio de
    Janeiro). Au bord de la plage, Hélcio - un jeune défenseur
    prometteur de l'équipe de football du Canto do Rio de Niterói, et
    Noël, l'un de ses plus fidèles amis, vendeur dans une échoppe de
    boissons et atteint d'une impressionnante malformation physique -
    aperçoivent au loin quelqu'un en train de pêcher à la dynamite. Ils
    partent en barque dans l'intention de récupérer une partie des
    poissons morts pour les revendre sur l'île de Paquetá, située non
    loin de là. L'expédition va se transformer en dangereux périple et
    les deux larrons se retrouveront embarqués dans une aventure qui va
    mettre leur amitié à rude épreuve. Après avoir tenté sans succès de
    revendre une partie de leur butin à des naturistes, les deux compères
    devront affronter une énorme tempête, alors que Hélcio est attendu à
    Niterói le soir même par toute son équipe pour la préparation d'un
    match important qu'ils doivent jouer le lendemain. Librement inspiré
    de la vie du père de Marcello Quintanilha, Hélcio Carneiro
    Quintanilha, Les Lumières de Niterói est une nouvelle démonstration
    de la virtuosité de Quintanilha devenu en quelques années l'un des
    principaux auteurs de la bande dessinée brésilienne. Prenant de bout
    en bout, le récit entraîne le lecteur dans un suspense haletant mais
    est avant tout une formidable histoire d'amitié.

  • Fichtre

    Alberto Montt

    Connu dans toute l'Amérique latine, Alberto Montt publie des dessins
    humoristiques depuis une douzaine d'années sur son blog Dosis Diarias
    qui reçoit jusqu'à 100 000 visites quotidiennes. Fichtre ! rassemble
    plus de 150 de ces cartoons à l'humour complètement déjanté. On y
    croise Dieu, le Diable, des vaches folles, des microbes dépressifs,
    des super héros qui tapent la discute au troquet et des hommes des
    cavernes accros aux réseaux sociaux...

  • Après La Machine à Influencer, consacré aux médias, le dessinateur Josh Neufeld s'associe au journaliste Michael Keller pour un reportage sur le big data et les données personnelles. Les utilisateurs de réseaux sociaux, téléphones portables, et de nombreux sites internet sont désormais fichés et suivis à la trace par des entreprises privées qui amassent des quantités phénoménales d'informations personnelles. Facebook, Google, Apple et consorts peuvent ainsi établir des profils très détaillés pour anticiper les besoins des leurs utilisateurs et adapter leurs politiques commerciales en fonction des comportements de chacun, mais cela va aller encore plus loin...Josh Neufeld et Michael Keller ont interviewé des spécialistes du domaine ; politiques, universitaires et chercheurs, pour un tour d'horizon de ces pratiques qui soulèvent de nombreuses questions et notamment celle des risques liés à l'exploitation de ces données. Neufeld et Keller abordent le sujet à travers de nombreux exemples concrets et questionnent également le principe des notes données à des services et des personnes, principe qui s'étend progressivement à des pans entiers de la société moderne. Avec humour mais également avec rigueur Neufeld et Keller montrent comment des gestes apparemment anodins risquent d'avoir un impact très concret sur notre quotidien dans un très proche avenir...

  • Courtes distances

    Joff Winterhart

    Sam, jeune anglais désoeuvré de 27 ans, se remet d'une dépression chez sa mère quand, par un curieux concours de circonstances, il se retrouve engagé comme assistant d'un certain Keith Nutt. Quinquagénaire bedonnant que la mère de Sam ne laisse pas indifférent, Keith a une mini entreprise, KLN Ltd, spécialisée dans « la distribution et le transport », mais son travail semble consister uniquement à faire la tournée de petites entreprises des zones d'activité économique locales pour faire signer des papiers à des interlocuteurs que Sam ne voit jamais. Coincé dans la voiture de Keith la plus grande partie de la journée, Sam s'attarde sur les petits détails du quotidien de la ville et des habitants qu'il croise chaque jour. Dans un premier temps très distante, la relation de Sam et Keith évolue progressivement et les problèmes de communication cèdent le pas à une certaine forme de connivence. Talentueux portraitiste, Joff Winterhart s'attarde avec tendresse sur les détail des corps et des visages pour brosser le portrait de ces deux âmes esseulées. Poignant, drôle et brillamment dialogué, Courtes Distances confirme la singularité du travail de cet auteur. Sélection Officielle Angoulême 2019 Sélection Grand Prix de la Critique ACBD 2019 Meilleur roman graphique 2017, The Guardian

  • Pourquoi le chiffre de 50 000 victimes revient-il aussi souvent dans les médias américains ? Les journalistes devraient-ils annoncer leurs intentions de vote ? Internet radicalise-t-il nos opinions ? Ce sont quelques-unes des questions soulevées par Brooke Gladstone, journaliste spécialiste des médias pour la radio publique américaine NPR. Avec l'aide du dessinateur de bande dessinée documentaire Josh Neufeld, elle retrace dans La Machine à influencer l'évolution des médias d'information et des pratiques journalistiques. Des premières dérives de l'information sous l'Empire romain jusqu'aux errements des médias américains au moment de l'entrée en guerre contre l'Irak, Brooke Gladstone s'interroge et livre une grande leçon de journalisme.

  • Kafkaien

    Peter Kuper

    Peter Kuper adapte en bande dessinée quatorze histoires de Franz
    Kafka ! L'univers de Kafka sied à merveille à cet auteur américain
    engagé contre les régimes autoritaires et observateur attristé de
    l'absurdité du monde contemporain. Kuper est également un adepte de
    la carte à gratter, une technique particulièrement pertinente pour
    évoquer des ambiances oppressantes. Il a commencé à adapter Kafka dès
    1988. Un premier recueil de neuf nouvelles a été publié en 2004 aux
    éditions Rackham, avec son adaptation de La Métamorphose. Le présent
    recueil comporte cinq autres histoires, dont La colonie
    pénitentiaire. « Kafka est mort à l'âge de quarante ans, il y a près
    d'un siècle, mais ses histoires résonnent comme si elles avaient été
    écrites hier... Leur place est ici et maintenant, ses fables sont des
    feuilles de route pour notre condition humaine. Elles nous
    avertissent des dangers que peuvent représenter nos institutions,
    nous rappellent nos faiblesses et nous poussent à rire de nos
    absurdités. Alors que notre monde mérite de jour en jour davantage
    l'adjectif « kafkaïen », les messages que Kafka nous souffle à
    l'oreille et entre les cases prennent un sens renouvelé. » Extrait de
    la préface de Peter Kuper

  • Après quelques 40 années de vie commune, Maggie et David Loony choquent leurs trois enfants en leur annonçant qu'ils se préparent à divorcer. Leur explication est des plus simples : « nous ne nous aimons plus ». Cette annonce lance une réunion de famille de 6 jours dans la maison proche de la mer (et peut-être hantée) de Maggie et David. Le fils aîné, Dennis qui n'accepte pas la décision de ses parents est également confronté à ses propres problèmes de couple. Claire, la cadette, élève seule sa fille de 16 ans et semble ne pas réagir au divorce. Enfin, Peter, le benjamin de la famille, un aspirant réalisateur paralysé par ses angoisses, se lance dans une aventure romantique avec une mystérieuse monitrice de colonie de vacance.

  • Après Une métamorphose iranienne, dans lequel l'auteur racontait avec retenue mais aussi une pointe de cynisme et d'humour son exil d'Iran, c'est à Paris que se déroule le nouvel ouvrage de Mana Neyestani. Suite à son arrivée en France début 2011, Mana et sa femme entament rapidement des démarches pour devenir réfugié politique. Après avoir testé de première main l'infernal système répressif iranien, Mana se trouve alors confronté à un univers certes beaucoup moins violent mais tout aussi kafkaïen pour les demandeurs d'asile, celui de l'administration française. Après un an et demis de tracasseries éreintantes, il parvient finalement à obtenir le statut tant convoité, ce qui en dit long sur les difficultés que peuvent rencontrer les demandeurs d'asile qui, pour la plupart, n'ont pas un dossier aussi documenté que le sien. Il décide alors d'en tirer un livre, entre bande dessinée autobiographique, autofiction et dessin de presse.Mana Neyestani raconte le quotidien d'un apprenti réfugié politique dans la ville-lumière, les tracasseries administratives poétiquement mises en scène, les fameux parisiens dont la réputation n'est plus à faire... Un Petit manuel du parfait réfugié politique à l'humour sec et tranchant.

  • Quelques heures

    Joel Orff

    Bob Frank, la trentaine, habite à Minneapolis où il est chauffeur de
    taxi. Il reçoit un jour une carte postale d'une ancienne petite amie
    qui lui annonce de but en blanc qu'il est père depuis des années et
    que sa fille, Casey, va débarquer chez lui dans les jours qui
    viennent. Une fois la jeune adolescente arrivée, Bob se rend compte
    qu'elle est là contre son gré et que sa mère l'a obligée à
    s'installer quelques temps chez son père. Il va devoir déployer des
    trésors d'imagination pour amadouer sa fille. Au départ farouche,
    Casey va rapidement se faire à ce père nouvellement découvert, mais
    pour combien de temps ? Quelques heures marque le retour de l'un des
    premiers américains publiés par çà et là, Joel Off, auteur d'Au Fil
    de l'eau, publié en 2006 et de Nuits Blanches en 2007. Dans ce
    nouveau récit, on retrouve la narration empreinte de mélancolie
    caractéristique de cet artiste au registre graphique singulier et
    très éloigné des autres auteurs américains.

  • L'une d'elles

    Una

    Un récit personnel dévastateur sur les violences faites aux femmes sur fond d'affaire de l'éventreur du Yorkshire, le tueur en série qui a sévi en Angleterre et tué treize femmes entre 1975 et 1980. Nous sommes en 1977, Una a douze ans et vit dans le West Yorkshire. Un assassin sème la panique dans la région en s'attaquant à des femmes isolées, en majorité des prostituées. La police peine à résoudre l'affaire - en dépit de milliers d'heures passées à la recherche du tueur et alors que les forces de l'ordre ont interrogé plusieurs fois le meurtrier sans le savoir. L'incapacité des policiers à trouver le coupable soulève l'indignation à travers le pays. Dans la période où ces meurtres ont eu lieu, Una a été victime d'une série d'agressions sexuelles, agressions dont elle s'est par la suite sentie coupable. Retraçant son histoire personnelle, expliquant les raisons des ratés de l'enquête, fournissant des statistiques édifiantes sur le degré d'impunité des hommes coupables de féminicides et d'agressions sexuelles, L'une d'elles explore ce que signifie grandir dans une société où la violence masculine n'est jamais remise en question. Avec le recul, Una décrypte ce qui lui est arrivé il y a une trentaine d'années, se demande si quelque chose a vraiment changé et questionne nos sociétés qui imposent aux victimes de ces violences d'en payer elles-mêmes le coût. Prix Artémisia 2019 du combat féministe

  • Pittsburgh

    Frank Santoro

    Originaire de la ville de Pittsburgh (Pennsylvanie) où il habite
    toujours, Frank Santoro tente avec ce nouveau livre de comprendre
    comment ses parents, divorcés depuis près de 30 ans, en sont arrivés
    à ne plus s'adresser la parole alors qu'ils travaillent dans le même
    endroit. Il retrace l'histoire compliquée de sa famille, irlandaise
    du côté de sa mère et italo-écossaise du côté de son père en
    remontant aux prémices de la relation de ses parents, mariés très
    jeunes en pleine guerre du Vietnam. La vie de cette famille aux
    relations très conflictuelles tournait autour de la petite boutique
    du grand-père, dans cette ancienne ville industrielle dont la
    population est passée de près de 700 000 habitants dans les années
    1950 à tout juste 300 000 habitants de nos jours, une ville ruinée
    par les différentes crises économiques qui ont frappé la rust belt
    américaine, Narration poétique, effets de collage, mélange des
    registres graphiques et des techniques de dessin Frank Santoro
    continue d'expérimenter avec la grammaire de la bande dessinée,
    explosant les procédés narratifs et visuels habituels de
    l'autobiographie en bande dessinée, pour raconter l'histoire de ce
    divorce qui a bouleversé sa vie. Inédit, même aux États-Unis,
    Pittsburgh est une nouvelle oeuvre marquante de cette figure
    incontournable de la scène indépendante américaine. Sélection
    Officielle Angoulême 2019

  • La vie ordinaire, c'est un truc assez complexe », voilà la devise de Harvey Pekar, auteur de la mythique série American Splendor.Au début des années 60, Pekar, critique de jazz et collectionneur de vieux disques, rencontre Robert Crumb et découvre la bande dessinée underground. Fasciné par les possibilités offertes par ce medium, il développe un projet de série autobiographique et, incapable de dessiner, il convainc Crumb et un dessinateur local, Garry Dumm, d'illustrer les premières histoires. En 1976 il décide d'auto-éditer la série, à laquelle la fine fleur de la scène indépendante américaine va participer.Avec American Splendor, Harvey Pekar décrit le quotidien de la middle-class américaine, à travers sa propre expérience d'archiviste dans un hôpital public et ses relations sentimentales mouvementées, sans rien cacher de son caractère colérique ou des ses troubles maniaco-dépressifs. Il réalise également les portraits de personnages croisés ici et là et brosse un tableau désabusé de Cleveland, ville industrielle touchée de plein fouet par la crise des années 70. En se mettant ainsi en scène, Harvey Pekar, anti-héros d'une Amérique désenchantée après le choc du Vietnam, révolutionne le genre et créée la première série de bande dessinée autobiographique, qui influencera par la suite de nombreux auteurs et sera adapté au cinéma en 2003 (le film American Splendor remportera le Grand Prix du Festival de Sundance et sera sélectionné au Festival de Cannes cette année-là).

  • Deux femmes

    Song Aram

    Dans ce récit intimiste, en grande partie autobiographique, l'autrice
    sud-coréenne Song Aram retrace l'amitié de deux femmes vivant entre
    Daegu (grande ville du sud du pays) et Séoul et qu'a priori tout
    sépare : leur caractère, leur rapport aux hommes, leur milieu
    familial... Gongju, une jeune femme plutôt réservée et originaire de
    la ville de Daegu, a abandonné ses études puis a travaillé comme
    serveuse en attendant de pouvoir trouver du travail dans la presse à
    Seoul. Elle et la très enjouée Hing-yeon se sont rencontrées sur
    Internet grâce à un blog et sont liées d'amitié une fois Gongju
    installée à Seoul. Après quelques années de galères à travailler
    comme rédactrice pour des tabloïds ou des sites de commerce, Gongiu
    apprend à Hong-yeon qu'elle a décidé de quitter Séoul pour retourner
    vivre dans sa ville natale et s'occuper de sa mère malade. Au même
    moment, Hong-yeon annonce à son amie qu'elle est enceinte et qu'elle
    va se marier alors qu'elle a toujours été contre l'idée du mariage.
    La vie de famille va être particulièrement éprouvante pour la jeune
    femme confrontée à sa belle-famille et à un mari peu bienveillant.
    Les deux femmes vont se suivre à travers une correspondance
    régulière. Les histoires délicatement intriquées de Hong-yeon et
    Gongju donnent un aperçu de la réalité de la société coréenne,
    conservatrice et patriarcale. Sélection Officielle Angoulême 2019

empty