• « Le voyage de Barrès, après ceux de Chateaubriand, de Lamartine, de Gautier, de Gérard de Nerval, aura été le dernier des voyages romantiques d'Orient, des voyages vers l'Orient romantique. Là encore 1914 marque la grande coupure. Cet Orient n'existe plus », écrivait Albert Thibaudet, pour qui la Grande Guerre mettait fin à une lignée de voyageurs.Cet ouvrage interroge l'influence de la guerre sur la vision et l'écriture de l'Orient chez des savants et des écrivains, notamment André Gide et Pierre Loti.À partir d'Une enquête aux pays du Levant, livre de Barrès publié en 1923, mais issu d'un voyage de 1914, il identifie plus largement les mutations du genre du récit de voyage entre le long XIXe siècle, marqué par le romantisme, motivé par la quête spirituelle, et les années d'entre-deux-guerres où se développe le genre du grand reportage, marqué par un intérêt plus politique lié à la présence coloniale française en Syrie et au Liban.

  • Louvre

    Jessica Desclaux

    Le quatrième volume de la collection « Passage des disciplines » appréhende la manière dont la discipline de l'histoire de l'art s'est constituée au Collège de France en nouant un lien privilégié avec le musée du Louvre. Georges Lafenestre, André Michel, Paul Vitry, René Huyghe furent conservateurs au département des peintures et des dessins ou à celui des sculptures du Moyen Âge, de la Renaissance et des Temps modernes, avant d'enseigner au Collège dans le cadre de la chaire d'Esthétique et histoire de l'art, créée en 1878, renommée « Histoire de l'art français » (1920-1925), ou de la chaire municipale, financée par la ville de Paris, « Psychologie des arts plastiques » (1951-1976). En élisant ainsi plusieurs conservateurs à ses chaires, le Collège de France occupe-t-il une place à part dans la cartographie des lieux d'enseignement de l'esthétique et de l'histoire de l'art ? Quelles logiques sont à l'oeuvre dans le recrutement des conservateurs ? Dans quelle mesure l'expérience muséale des candidats pèse-t-elle sur leur nomination ? Une fois élus, quels liens ces derniers entretiennent-ils avec le Louvre ? Transfèrent-ils les débats du musée concernant l'esthétique ou la méthode historique dans leurs leçons du Collège de France ? Circulation d'hommes et parcours professionnel, débat disciplinaire, le musée : un laboratoire du cours ? telles sont les lignes principales que les auteurs de ce volume souhaitent explorer, en exploitant les archives des différentes institutions. Ce volume découle d'une journée d'étude organisée par Jessica Desclaux (Sorbonne Université-musée du Louvre/centre Dominique-Vivant Denon) le 4 avril 2019, dans le cadre du programme de recherche « Passage des disciplines : histoire globale du Collège de France, xixe-xxe siècle », qui porte sur l'évolution des matières enseignées et sur celles qui n'y ont pas été admises et qui forment un « Collège virtuel », depuis la fin du xviiie siècle jusqu'aux années 1960. Le programme est dirigé par Antoine Compagnon, avec la collaboration de Céline Surprenant. Il a reçu le soutien financier de PSL (2016-2019) et de la République des Savoirs.

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