Littérature générale

  • Brûler le Louvre

    Didier Goupil


    Dans le fond, il n'y a qu'une seule chose que je regrette : ne pas avoir brûlé le Louvre derrière nous.
    Le mot Bleu, on le sait, ne tache pas les doigts. C'est sans doute pour cela que les personnages des nouvelles de ce recueil, qu'ils soient de pure fiction, connus de tous tels Claude Monet et Chaïm Soutine, ou à même de le devenir demain comme Franciam Charlot et Roger Cosme Estève, ont recours à la peinture pour exprimer leur colère, soulager leur peine ou clamer leurs revendications.

    Mais face aux non-dits de la famille, au silence de la société et à l'indifférence des académies, tous finiront par délaisser les pinceaux et se mettront à peindre avec leurs mains, quand ce n'est pas avec leurs poings.


  • Septembre 1860 dans le Perche, la gendarmerie du paisible bourg de Bazoches-sur-Hoesne s'émeut : la rumeur accuse Julie Clain, demeurant à la ferme de La Motte, d'être coupable d'infanticide. Une affaire reposant sur le seul rapport d'expertise d'un médecin local et quelques témoignages à charge qui conduiront l'accusée devant la cour d'assises de l'Orne. Maître Léon de la Sicotière, un homme bon à l'écoute de ses clients, sera son défenseur.
    En s'appuyant sur ce fait divers, l'auteur livre un roman où prédomine l'analyse d'une certaine société archaïque et misogyne et nous invite à méditer sur la fragilité de la justice humaine.
    Préface d'Henri Leclerc.

    Docteur en histoire du droit, Martine Gasnier signe ici un premier roman poétique qui laisse toute sa place à l'émotion et plonge au coeur de l'humain.

  • Edith au cou de Cygne, grand amour de Harold, roi éphémère de l'Angleterre, fait broder secrètement une toile racontant sa vie et la terrible défaite de Hastings. De son côté, Wulfnoth, jeune frère de Harold, otage de Guillaume, nous raconte sa vie d'enfant captif, la férocité du Conquérant et nous révèle sa passion cachée pour la reine Mathilde.
    Et voici que par ces deux chroniques en regard, pareilles au chant ultime d'un Cygne répondant à l'autre, vous découvrirez un récit de la conquête normande aussi émouvant qu'éloigné des clichés.

  • Le sel des larmes est parfois doux raconte le périple de trois personnages à la recherche d'eux-mêmes et évoque par fragments l'histoire dont ils sont issus :
    1896. Le Padre Pinto abandonne un jour d'été son église de Castelo das Fontes au Portugal et va fuir jusqu'au Cap-Vert loin de la révélation qui l'a saisi d'effroi. L'Obscurci, un simple d'esprit d'un village voisin, se lance au même moment sur les routes de la Serra da Estrela au nord du Portugal. A des milles de là, dans l'archipel du Cap-Vert, Artémisia, une jeune métisse, esclave affranchie, décide de quitter la plantation de Campina Morna. A travers leurs cheminements se conjuguent et se répondent trois destins dont chacun fait écho à l'autre, où se tissent, indissociables, la recherche d'identité, la quête de vérité et le désir impérieux de liberté.
    D'une écriture élégante et délicate, l'auteur nous entraîne dans leur histoire nourrie de mémoire collective qui prend sa source quelques siècles plus tôt.
    Par l'auteur de L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson,(éd. Intervista).

  • La mort rôde en 1914 dans ce hameau reculé des Vosges. Elle menace un étrange petit homme venu de l'Alsace allemande, en butte à l'hostilité des habitants, et le forgeron qui l'a pris sous sa protection. Elle crie victoire quand éclate la Grande Guerre, mais la vie, l'amour et l'amitié n'ont pas dit leur dernier mot.
    « C'était à l'aube. Le jour diluait lentement la nuit. La Harpaille sommeillait encore et la campagne, plombée par un ciel gris, se reposait des hommes... Un vent à décorner les boeufs éparpillait une à une les traînées de brume dormante, emmêlées aux branches des peupliers. On entendait au loin sa basse sonore hurler dans les sapins, sinistre. »
    Prix des postiers écrivains 2018 et Prix du Jury Premier roman de la ville de Mennecy.

  • Contraint à un voyage en solitaire, Jean Guézennec, retraité nouvellement divorcé, s'envole pour l'Inde avec, en poche, un guide touristique qu'il a la fâcheuse idée de prendre pour une bible. L'apprenti globe-trotter, mal préparé à ce choc culturel, s'en mordra les doigts. Trois mois après son retour en Bretagne, le temps de se refaire une santé mentale, le rescapé entreprend d'écrire une lettre de réclamation plus que circonstanciée à l'éditeur dudit guide. La rédaction de ce courrier lui permet de découvrir une nouvelle facette à ses tribulations. Car l'Inde, il le comprend alors, est un voyage sans retour. Un chemin vers l'autre, un chemin vers soi...


  • « Mais qu'est-ce que vous avez là... Ce ne serait pas un... ? » Quelques mots ont suffi pour que la curiosité désormais torture la narratrice : ce tableau qu'elle a toujours connu, ce tableau de famille, transmis de grand-mère en petite-fille... est-ce vraiment un Courbet ? Et si c'est le cas, par quel étrange chemin est-il arrivé là ? Pour tenter de découvrir les secrets qu'il recèle, la narratrice va se lancer dans une enquête qui l'entraînera du Second Empire à nos jours jusqu'au coeur de la création. Et c'est l'amour, sa force, son absence, le pouvoir qu'il a de se magnifier, que l'on entend dans ce texte envoûtant.



  • Fuyant la misère de leur terre bretonne, Jules et Antoinette s'exilent à Paris où ils vont contribuer par leur labeur à l'essor de l'industrie dévoreuse d'humanité. Au sein de leur foyer, naissent deux garçons dont le plus jeune, Jean, se révolte très tôt contre toute forme d'exploitation. Un choix qui le conduira de la prison de la Petite Roquette à la colonie pénitentiaire de Soligny-la-Trappe avant un embarquement pour la Martinique.


    Avec pour toile de fond la révolution de 1848, les ravages du choléra et la pratique de l'engagisme, succédané de l'esclavage, le destin de Jean illustre une page de notre histoire, pas si lointaine, marquée par l'égoïsme forcené des nantis.

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  • « Maire écologiste d'un petit village du Pays d'Auge, Guerquesalles, durant trois mandats, j'ai vécu au plus près la réalité du monde rural, avec ses bons et moins bons côtés. Bedeau, facteur, éboueur, psychologue, gendarme, écrivain public, gestionnaire... la liste des tâches dévolues au maire est longue et infinie. »
    Fort de cette expérience et avec détachement, Didier Goret relate la vie quotidienne et politique du village à travers des épisodes cocasses et parfois aussi tragiques. Il fait ainsi référence à l'Histoire qui a particulièrement marqué ce village.
    Cette vingtaine de nouvelles décline une approche humaniste du quotidien d'un maire, bien loin d'une vision comptable de l'Administration.

  • Épris de l'Antiquité, mécène, le duc Vespasien de Gonzague fut le prince bâtisseur de Sabbioneta, une ville utopique dédiée à Diane de Cardona, la femme aimée puis sacrifiée sur l'autel de la jalousie. Sa vie fut une épopée tragique qu'il traversa jusqu'à la mort en refusant d'abdiquer devant sa quête d'absolu. La mélancolie fut sa compagne, il lui abandonna tout jusqu'à sa raison.
    Entrelaçant éléments historiques et épisodes romanesques, Martine Gasnier fait de ce prince demeuré mystérieux, l'une des grandes figures de la mélancolie.

  • Aristocrate désargentée, Dragonette de Sermoafort "monte à la capitale" après avoir enterré son volage de mari qui l´a ruinée. Pour gagner sa vie, elle va faire des ménages. Au hasard des petites annonces, Dragonette va dénicher ses futurs employeurs : une psychiatre dépressive, une joggeuse milliardaire, une intermittente du sexe, un thanatopracteur intempérant, un couple de charcutiers, chevaliers de la rillette, et bien d´autres. Sans tabous ni complexes, résolument optimiste, aimée de tous, elle va traverser avec bonheur et légèreté les aventures les plus burlesques et vivre les situations les plus improbables.

  • Trois femmes sont contraintes de renoncer au monde tel qu'elles l'ont toujours connu. Le virage que prend le destin est l'occasion, pour ces femmes intelligentes, sensibles et généreuses, de faire le point sur leurs rêves, leurs ambitions. Les épreuves traversées les forcent à se débarrasser du superflu pour percevoir que l'essentiel se trouve au coeur de leur conscience.
    Utilisant le fil rouge de la guerre, l'auteure dit la difficulté à être une femme, lorsque la marche du monde dérape vers la violence. Mais en creux se dessine l'espoir, la grâce et la puissance silencieuse de la femme quand elle fait le choix du refus.

  • Dans ces cinq nouvelles, Marie-France de Monneron explore avec humour les mille et une facettes du désir. Comment hommes et femmes réagissent-ils devant une même situation ? Pourquoi les uns donnent-ils une réponse rationnelle, les autres une réponse émotionnelle ? Au-delà de tout sexisme, au-delà de tout préjugé, au-delà de tout complexe, l'auteure sait seulement que les humains cherchent à tout prix le bonheur. Pour y parvenir, ils doivent s'extraire de leur quotidien afin de vivre une réalité meilleure: ils fantasment, ils rêvent, ils se mentent à eux-mêmes, et par là même aux autres, ils trichent, ils séduisent... Ils ont un terrible défi à assumer : rester vivants envers et contre tout !

  • Un ange est passé Nouv.

    Christine Sagnier dit le bonheur d'avoir attendu un enfant huit mois et le désespoir de le perdre. Le chagrin comme une torture et puis la solitude face à l'incompréhension des autres.


  • À la suite d'un accident de voiture dans lequel sa compagne est tuée et lui-même gravement brûlé, Jean-Paul se retrouve défiguré. Au cours de sa longue rééducation, la tentation petit à petit se glisse en lui de revoir, trente ans plus tard, sous l'anonymat de son nouveau visage, Marion, la jeune femme qui, au sortir de son adolescence, l'a quitté sans explication. Une première blessure demeurée longtemps mal fermée.


  • Julie était la fille du chaos. Le mal dont elle souffrait était congénital. Il provenait du choc violent entre la France et l'Algérie, ces deux sources auxquelles sa mère avait bu, les deux terres qui l'avaient nourrie et dont elle-même était pétrie. L'hérédité l'avait coupée en deux. Elle se croyait unique, faite d'une seule pièce, alors qu'une autre se tenait derrière. Cette fracture la minait. Pour la réduire et se reconstruire, il lui fallait combler le trou dans son corps et le puits d'ignorance où elle avait vécu. Elle n'y parviendrait qu'en assumant pleinement sa part algérienne, qu'elle avait jusqu'alors seulement constatée sur son visage et perçue dans le regard d'autrui.

  • En partageant la vie intime de ses personnages, le narrateur lève un pan sur les drames de l'Histoire qu'elle recèle et qui n'en finit pas de se répéter. Mais loin d'être simple spectateur, il fait partie intégrante de ce récit dans lequel il se livre, sans fard et avec humour. Nostalgique de l'amour enfui, du pays perdu, de la jeunesse disparue, il reste un combattant de la mémoire et un poète, qui, tel l'Étranger de Baudelaire, aime les nuages qui passent.

  • 1557

    Jean-Pierre Croset



    Le 2 août 1557, Saint-Quentin, bourgade picarde de huit mille âmes, voit l'armée impériale espagnole venue des Flandres mettre le siège devant ses murs. Philipe II, roi d'Espagne, et son commandant en chef Emmanuel-Philibert de Savoie sont certains d'enlever rapidement la place, s'ouvrant ainsi la route de Paris. Mais c'était sans compter sur la résistance héroïque des habitants. Au bout de vingt-sept jours de combats acharnés, Saint-Quentin capitule, cependant les semaines gagnées ont pour conséquence l'affaiblissement de l'ennemi : Philippe II renonce à marcher sur Paris.
    C'est dans ce contexte que se rencontrent Anne, jeune résistante saint-quentinoise à la tête des combats, et Guillaume, chevalier au service du roi Henri II. L'amour les foudroie sur-le-champ. Mais les événements vont se charger de les séparer et de mettre leur vie en danger : guerre d'Italie, complots ourdis par la reine Catherine de Médicis et ses sbires, emprisonnement d'Anne accusée d'espionnage, intrigues d'une cour où Diane de Poitiers, favorite du roi, suscite bien des jalousies,...
    « Ce chapitre tragique et glorieux de l'histoire de Saint-Quentin et de l'Histoire de France, Jean-Pierre Croset nous le fait revivre dans un roman à la Dumas, au travers d'une succession d'intrigues captivantes vécues par des personnages aussi bien fictifs que réels. » souligne Xavier Bertrand dans sa préface.

  • À Marseille, avec en toile de fond passions amoureuses et crimes de sang, la belle et mystérieuse Lydie est médecin légiste. Son fiancé et deux de ses amis reçoivent des lettres anonymes les informant de leur mort prochaine en représailles à un acte qu'ils auraient commis dix ans plus tôt.
    L'enquête diligentée par le commissaire Gastaud va-t-elle les sauver ? Va-t-elle permettre d'arrêter à temps l'auteur de ces missives en prouvant leur innocence ?
    Dans une course contre la montre et la mort, les différents personnages vont être confrontés à des groupuscules n'ayant pour seule loi que les règles qu'ils se sont fixées.
    Visite dans un Marseille interlope, secret et mystérieux où rien ni personne n'est ce qu'il paraît être.

  • Après la mort violente du baron Raoul de Hurlebosque, son fils Philippe est atteint d'un mal étrange. Tous y voient la marque du diable. La jeune Morgane, avec sa tache de naissance au front, est un coupable tout désigné. Arrêtée par l'inquisiteur Henri Niger, torturée, Morgane avoue un crime qu'elle n'a pas commis. Tandis qu'elle attend la mort, un mystérieux sauveur la délivre. Mais elle va devoir honorer le pacte conclu...
    L'auteur entraîne le lecteur dans une véritable enquête policière au coeur du XVe siècle où la recherche de vérité se heurte aux superstitions et à l'ignorance.
    La fin du Moyen Âge est pour l'Europe chrétienne le temps de la malepeur du Diable, des bûchers et des chasses aux sorcières. Le Signe du Diable offre une immersion saisissante dans cet âge tourmenté et prompt à l'exaltation de l'irrationnel. Loin des codes traditionnels du roman historique, ce récit se place dans la veine des grands thrillers médiévaux : l'Histoire s'érige en scène de théâtre pour laisser se jouer une aventure inédite.

  • Il y a les ados qui se cherchent, et puis il y a les ados qui vont mal, très mal même parfois. Klara en sait quelque chose, elle qui n'a cessé de vouloir venir en aide à Roméo, son fils unique aussi ébouriffant qu'ébouriffé. Là est sa seule faute et son plus grand malheur : avoir voulu trouver le psychiatre qui, d'un coup de baguette magique, lui aurait rendu son petit bien peigné. Une quête qui s'est transformée en une incroyable épopée.
    Parce que Fransec, la psychiatre en question (ou peut-être le diable en personne) a jeté son dévolu sur Klara, laquelle a disjoncté tout doucement mais très sûrement.
    Le danger est plus que réel et la folie véritablement contagieuse, un secret de polichinelle que le corps médical s'applique à préserver, mais qu'il est temps d'éventer.

  • Dans les montagnes shans vit l'un des plus redoutables barons de la drogue d'Asie. Entouré d'une armée de vingt mille hommes, le " Dragon " est le premier producteur mondial d'héroïne pure : la Blanche de Chine.
    Mais que cache vraiment cette multinationale du crime ? C'est ce que tente de découvrir le journaliste Mark Corso sur les traces des Triades chinoises. Une quête qui nous emmène à travers l'Asie, de Rangoon à Pyongyang, de Bangkok à Hong Kong, jusqu'au coeur du mystérieux Triangle d'Or.
    Dans une Asie en pleine ébullition, Sébastien Le Belzic situe son action sur l'autre " axe du mal " : Birmanie - Corée du Nord. Entre roman et reportage, thriller et voyage initiatique, " Le Lotus et le Dragon " emmène le lecteur de l'autre côté du miroir.
    Il décrit un formidable complot politique destiné à rendre l'Asie aux Asiatiques et à faire de la Chine le coeur du Nouveau Monde. La soupe de nouilles contre le Coca-Cola. C'est la version moderne d'une vieille légende chinoise. Une tradition confucianiste reprise avec la guerre de l'opium par la secte du Lotus Blanc, dont l'objectif était de bouter les Occidentaux hors d'Asie. Cette secte n'a jamais complètement disparu et certaines Triades en sont aujourd'hui les filles.
    Quand la réalité dépasse la fiction...

  • Alexandre, patron d'une grande bijouterie, vient d'embaucher Maud comme vendeuse. Plus qu'à son savoir-faire, c'est à son physique de mannequin qu'Alexandre s'est attaché pour effectuer l'embauche de la jeune femme. Alexandre est considéré comme un coureur par ses vendeuses, et c'est vrai qu'il les aime les femmes !
    Un soir, après la fermeture, Maud doit aider son patron à ajuster les comptes de la boutique. Apparemment, prête à tout pour le séduire, elle profite de cet instant privilégié pour exprimer des désirs absolument extravagants. Mais l'arrivée impromptue d'Alice, une autre vendeuse, puis de Pauline, l'épouse jalouse, va donner une tout autre tournure à leur tête-à-tête.
    Le lendemain, après une séance de formation rocambolesque, et la première vente, on ne peut plus abracadabrante, de Maud, le voile va se déchirer sur les réelles motivations de cette dernière et sur le secret qu'elle détient concernant Alexandre.

  • Ce récit nous livre, à l'état brut, sans pathos, les étapes qui vont conduire Sacha de l'exclusion familiale à l'exclusion scolaire puis sociale. Les mots sont là, juste pour le dire. Seule note d'espoir, l'amour, et les valeurs qui s'y rattachent, a tissé un fil entre lui et les êtres qui ont croisé sa route et l'ont aimé, un fil qui l'a empêché de sombrer définitivement et qui maintient au fond de son coeur une lueur d'espérance.

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