Tiers Livre Éditeur

  • Nous voici dans le laboratoire essentiel de Lovecraft. Huit fictions correspondant à autant d'étapes de son parcours. Presque une face dans "Le caveau", ou l'horreur la plus morbide dans "Le chien". Un étrange fantôme dans "L'innommable", mais aussi l'évolution urbaine de l'Amérique des années 20/30 dans "La rue" ou dans cette étrange traversée de la mort chez les mal-logés de New York, dans "Un air glacial". Mais Lovecraft sait faire tenir aussi toute une hstoire dans un sous-marin de la Première Guerre mondiale dans l'étange "Le Temple". Et comment, quand Lovecraft en 1919 s'embarque pour la première fois dans les interstices du temps avec "Par-delà le mur du sommeil", il convoque la psychiatrie, le rêve, la radio...
    Et bien sûr les livres maudits, les livres interdits de son ancienne bibliothèque familiale, ou le légendaire "Necronomicon" qu'on retrouve si souvent dans les moments les plus critiques de ses grandes fictions. Ce qu'il doit à Poe, à Baudelaire, à Dunsany. Ici, avec "Le livre" ou "L'étranger" c'est encore le livre comme métaphore perpétuelle du chemin pour échapper à soi-même et au monde qu'on recroise.
    FB On trouvera sur le site thelovecraftmonument.com de nombeuses ressources complémentaires, essais, articles, documents ou anayses, ou lectures audio.

  • « L'ouverture révéla des ténèbres presque concrètes. Cette obscurité était vraiment une qualité positive, car elle cachait certaines parties des parois intérieures qui auraient dû être visibles. En fait, elle se déversait au dehors comme une fumée, obscurcissant le soleil pendant qu'elle s'élevait furtivement sur ses ailes membraneuses dans le ciel soudain rétréci. Du fond de ce puits noir montait une puanteur intolérable, et, bientôt, Hawkins, qui avait l'ouïe fine, crut percevoir une espèce d'immonde clapotis. Tous les matelots tendirent l'oreille. Ils écoutaient encore lorsque le monstre apparut et, pressant son énorme masse verte gélatineuse à travers l'ouverture, fit pesamment irruption dans l'air corrompu de cette démentielle cité. »

  • Le Chef d'oeuvre de Lovecraft enfin en livre audio !
    « A l'ouest d'Arkam, les collines sont sauvages et il est des vallées dont les bois profonds n'ont jamais subi la hache. Il est d'étroites et sombres gorges où les arbres s'inclinent bizarrement et où de minces ruisselets filtrent sans avoir jamais réflété l'éclat du soleil. (...) Mais bientôt, ces bois seront abattus ; les secrets de ce diable de temps ne feront plus qu'un avec ceux des profondeurs ; avec le savoir caché du vieil océan, et le mystère de la terre des origines...»

  • L'horreur, vieille comme le monde, est comme une hydre aux mille têtes, et les cultes de la nuit sont enracinés profondément. L'âme de la bête est omniprésente. Les habitants de Red Hook, aux yeux rougis, aux visages grêlés, chantent, jurent et hurlent encore tandis qu'ils se faufilent de gouffre en gouffre. Personne ne sait ni d'où ils viennent ni où ils vont. Comme auparavant, il entre plus de gens à Red Hook qu'il n'en sort. On murmure que de nouveaux canaux conduisent sous terre à certains centres de trafic d'alcool, et d'autres choses moins faciles à mentionner.

  • L'homme qui me découvrit me dit que j'avais dû ramper un bon moment malgré mes fractures, car des traces de sang s'étendaient aussi loin qu'il avait eu le courage de regarder. La pluie les effaça bientôt, et les rapports ne mentionnèrent rien d'autre que ma découverte dans un endroit inconnu, à l'entrée d'une petite cour noire derrière Perry Street.

  • Nathaniel Wingate Peaslee, professeur à l'université Miskatonic, connait une période d'amnésie grave entre 1908 et 1913. Peaslee semble être « habité », durant cette période, par une autre personnalité, dotée de connaissances approfondies sur le passé et le futur de l'humanité. Dans un premier temps, cette entité parasite tente de camoufler ses connaissances et son étrangeté, mais le corps du professeur Peaslee commence à provoquer l'effroi et la peur chez les gens qui l'entourent. Et, l'entité parasite passe ces cinq années à en apprendre le plus possible sur la société qui l'entoure, les coutumes, l'histoire, les pratiques et les langues. Elle construit également une machine étrange dans son bureau, que seuls quelques observateurs, peu intéressés, ont pu apercevoir. Lorsque le professeur Peaslee réintègre son corps en 1913, il a quelques difficultés à reprendre sa vie antérieure. Chaque nuit il rêve et se souvient avoir été entrainé dans un passé très lointain, dans une cité à l'architecture cyclopéenne où vit une peuplade d'êtres fantasmagoriques, qu'il nomme la Grand-Race de Yith. Ces êtres, pourvus d'un corps conique et de tentacules, doués d'une espérance de vie très longue et de peu de besoins matériels, ont l'étonnante faculté de se projeter dans d'autres entités loin dans le passé ou le futur. Ces voyageurs temporels échangent leurs corps avec leurs hôtes le temps du séjour...

  • The whisperer in the night. Un des plus grands Lovecraft, de ceux qui envahissent insidieusement les perceptions inconscientes.
    Tout commence par de brutales inondations dans les zones sauvages et reculées du Vermont montagneux. Le mot essentiel du récit c'est "things", des "choses", mais le mot partout récurrent dans le récit passera sans cesse des êtres mystérieux à ses acceptions courantes.
    Comme toujours dans Lovecraft, le combat c'est avec la fiction elle-même. Non seulement la variation de tous les registres de style dans la correspondance du narrateur avec le personnage central, Henry Akeley, mais l'usurpation de son identité.
    Et, comme dans tout grand Lovecraft, prendre à bras le corps la modernité scientifique. Et, magie ultime de prestidigitateur, le récit est censé se passer un an avant son écriture - entre temps, on a découvert Pluton, alors le récit embauche à son profit cette découverte pas encore faite, et qui viendra corroborer la peur et l'étrange.
    Maison solitaire, chirurgie spéciale, combats dans la nuit - tout vient ici, feutré, sous les pages. Mais il est bien réel qu'à l'été 1928 Lovecraft fit lui-même un voyage dans le Vermont et y fut accueilli chez un de ses compagnons nouvellistes des Weird Tales. Alors qu'elles sont belles, ces pages du voyage réel, en train puis en voiture (la voiture elle aussi son rôle, comme le téléphone et les horaires de train), de Boston jusqu'aux montagnes.

  • A l'origine, une famille hollandaise qui, pour s'éloigner de la domination anglaise devenue pesante, se fait construire un manoir dans un coin montagneux et reculé, prêt d'Albany, état de New York. Un coin réputé pour la fréquence et la violence de ses orages.

    Au présent (l'histoire est écrite en 1921), un amateur de mystère, pas avare d'explication aux phénomènes qui défraient la chronique.

    Mais là, l'horreur est véritable : 80 "squatters", occupants pauvres de ces hameaux misérables, ont été comme dévorés, écrasés ou enlevés. Et nulle trace de ce qui a causé le massacre.

    C'est ainsi qu'avec deux gardes du corps armés, le narrateur s'en va, une nuit d'orage aussi, veiller dans la pièce principale du vieux manoir, la chambre du premier occupant, le vieux Gerrit Martense, disparu depuis plus d'un siècle et demi...

    Et c'est la phrase de Lovecraft qui s'enroule, se déplie, organise ses splendeurs pour accompagner et le tonnerre et la mort.

    Sz

  • Est-ce que jamais Lovecraft est allé si loin dans l'horreur ?
    Déjà parce qu'il s'agit d'un récit tardif, d'un écrivain qui sait son outil, avec parfaite maîtrise d'une technique implacable : pas un élément qui ne soit nécessaire à la trame générale et la résolution finale. Pas un élément qu'on pourrait déplacer sans que tout s'écroule - le plaisir qu'on a aux textes qui font peur, c'est aussi le plaisir du travail bien fait, la fascination à comment ça marche.
    Et rarement celui qu'on présente habillé en redingote comme un ancien maître, soi-disant cloîtré à Providence, alors qu'à cette époque il passe au moins 3 ou 4 mois par an à explorer de haut en bas la côte Est par trains, bateaux et autocars, se s'est autant appliqué à faire surgir le fantastique de la peau la plus contemporaine du monde : électricité, voiture (magnifiques évocations et rôle des voyages de nuit en voiture), téléphone.
    Et puis cette arrirère-fond maudit, les livres interdits, l'hôpital pzsychiatrique. Sur un thème qui pourtant obsède l'ensemble des grands inventeurs du récit d'horreur: s'accaparer l'idée d'un autre, entrer dans son corps, avec ici d'étranges commutations de genre et de pulsions entre le narrateur, son ami le malheureux Derby, l'épouse de ce dernier et le père de l'épouse. Et tout cela bien sûr dans un territoire, entre Arkham, Innsmouth et Portsmouth entièrement inventé par l'auteur pour les besoins de ses fictions.
    Mais pas à nous ici de raconter.
    C'est en 7 chapitres, merci de ne rien prévoir durant l'heure nécessaire à la lecture.
    FB On trouvera sur le site The Lovecraft Monument de nombreux documents, récits, articles complémentaires.

  • Et si la planète, dans les zones que personne n'a explorées encore, Et si l'évolution, l'art, les guerres mais aussi la décadence de ces races pré-humaines nous parlaient de notre propre cvilisation, ses peurs, Les années 20 sont un point culminant de l'exploration antarctique. ...

  • Lovecraft accède tout juste, dans son pays même, au statut d'un des principaux écrivains américains du XXe siècle. Ces dernières années, non seulement nous en avons appris beaucoup plus sur lui, sa vie, et le contexte de ses récits, son rapport à l'imaginaire scientifique ou géorgaphique, à la modernité des villes, ...

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