Métailié


  • Jay Dark a-t-il vraiment existé ?

    Deux hommes, un romancier et un avocat, se retrouvent dans des lieux insolites de la capitale romaine. Maître Flint prétend raconter la véritable histoire de Jay Dark, agent de la CIA chargé de répandre les nouvelles drogues des années 70 dans les mouvements de contestation étudiants. On suit alors le parcours d'un jeune enfant des rues, cambrioleur à Manhattan, puis cobaye dans la célèbre clinique de Bellevue Hospital où fut lancé le Programme, qui expérimenta sur des patients plus ou moins volontaires les effets du LSD et de bien d'autres drogues.
    On le retrouve au coeur de l'essor de la contre-culture, de Berkeley à Londres en passant par San Francisco et New York, des readings de Burroughs et Alexander Trocchi aux folies de Warhol et Timothy Leary, des errances en bus bariolé à l'essor des Black Panthers.
    Mêlant sans cesse la réalité historique et la trame romanesque où se heurtent, s'allient, se tuent parfois, un sénateur réactionnaire, un savant fou ancien nazi, et aussi militants sincères, riches héritières, poètes et allumés divers, le roman pose la question : les mouvements de jeunesse et de la contre-culture des années 70 ont-ils été manipulés par les services secrets ? Et dans quel but ?

    Avec son puissant talent de conteur, De Cataldo nous fait revivre l'épopée d'une époque où tout a changé, pour que rien ne change.

  • Carlo Bonini et Giancarlo De Cataldo poursuivent le bouillonnant feuilleton sur les dessous de Rome : Samouraï, le chef des mafias de la capitale, est en prison, peut-être pour toujours. Sebastiano, son représentant, tente de maintenir son emprise sur les différentes bandes, Siciliens, Calabrais, Napolitains et Gitans, qui mettent la ville en coupe réglée. L'annonce par le pape François d'un nouveau Jubilé qui va attirer des millions de pèlerins et relancer des travaux publics aiguise les appétits et Fabio, l'étoile montante du trafic de drogue, commence à remettre en cause la suprématie des chefs du moment. Martin Giardino, le nouveau maire de Rome, veut quant à lui nettoyer les écuries d'Augias. Les coups bas et les violences des truands sont peu de choses à côté des manigances à l'oeuvre dans les coulisses du Capitole, où sévissent les vieux ripoux représentant les intérêts des constructeurs. Coincé entre des politiciens honnêtes et des mafieux turbulents, Sebastiano déclenche une opération d'obstruction apocalyptique, et bientôt Rome brûle ! Un récit qui opère aujourd'hui quasiment en temps réel (quiconque suit l'actualité de la capitale italienne reconnaîtra sans mal la plupart des protagonistes), et que les auteurs réussissent par leur talent à transformer en oeuvre d'art. « Une fable noire sans pitié dont on voudrait se réveiller comme d'un cauchemar. Mais, souvent, la réalité dépasse la fiction. » M. Serri, La Stampa

  • Samouraï, ex-leader fasciste devenu gangster, est sur le point de réaliser le couronnement de sa carrière criminelle : piloter en sous-main un gigantesque projet immobilier prévoyant la bétonisation du territoire, du bord de mer jusqu'à la capitale. Pour cela, il lui faut maintenir à tout prix la paix entre les différentes mafias qu'il fédère : Calabrais, Napolitains, Gitans... Il s'appuie aussi sur les réseaux de Malgradi, politicien priapique et véreux. Mais une nuit de débauche tourne mal, et la pagaille et les règlements de comptes s'installent. Samouraï voit se dresser contre lui un ex-disciple, Marco Malatesta, désormais à la tête d'une unité d'élite de carabiniers. À ses côtés Michelangelo, procureur pianiste de jazz, et trois femmes, Alba, collègue et ex-petite amie, Alice, son nouvel amour, blogueuse altermondialiste, et Sabrina, ex-pute, incarnation du bon sens populaire au pays de la gauche caviar médiatique. Des salons chics aux gigantesques night-clubs de la périphérie où l'on mange, se drogue, tue et se prostitue avec une monstrueuse vitalité, De Cataldo et Bonini racontent les coulisses criminelles de Rome. Dans ce récit dont l'actualité a mis en évidence la véracité documentaire jusque dans les moindres détails, De Cataldo démontre une fois encore qu'il a su tirer le meilleur parti des influences qu'il revendique, de Balzac à Ellroy en passant par Tarantino. Ce roman a été adapté au cinéma par Stefano Sollima (Gomorra et Romanzo Criminale tv).

  • Septembre 1713. Juché sur une étique rossinante, la râpière au côté, Blasco de Castiglione, coeur tendre, joyeux drille et tête brûlée, entre dans Palerme. En quête du secret de sa naissance, il va rencontrer Don Raimondo de la Motta, qui a commis tous les crimes pour ceindre la couronne ducale, l'éblouissante et tumultueuse Donna Gabriella, qui sait ce qu'aimer à mort veut dire, le sbire Matteo Lo Vecchio, maître ès scélératesses, Violante, belle comme un rêve de pureté, le séduisant et mystérieux Coriolano de la Floresta, et tout un petit peuple pittoresque et rebelle. Il rencontre aussi une ville de palais arabes, d'églises espagnoles, de châteaux forts normands, avec ses quartiers misérables et ses catacombes où se réunit la secte des Beati Paoli dont l'idéal de justice sera défiguré par la mafia... Cavalcades, duels, courses en mers, fêtes grandioses, intrigues de cour, enlèvement au couvent, chocs des armées et des ambitions, sublimes amours et combinaisons ténébreuses, toutes les séductions du roman historique sont là, réunies dans la lumière sicilienne qui rend les emportements plus violents et le bonheur plus mélancolique.

  • En l'année 1762, pourchassé par les hommes du puissant marquis d'Oxorio, qui ne lui pardonne pas d'avoir posé les yeux sur sa fille Giovanna, le jeune Cesare fuit à travers les orangeraies palermitaines. Il est sauvé par frère Benedetto, étrange ermite qui manie le bâton comme personne. Ainsi débute ce nouvel épisode de la saga des Beati Paoli, commencée avec Le Bâtard de Palerme. On y retrouve, quarante ans après, quelques-uns des héros qui ont assuré le succès en France, de ce best-seller italien. Le chevaleresque Blasco de Castiglione, le mystérieux Coriolano de la Floresta, chef de la secte des Beati Paoli, et surtout le peuple sicilien, poète et révolté. Des escaliers romains de la Trinité des Monts, propices aux idylles, au fracas des batailles maritimes, dans lesquelles le Capitaine justice et son épouse combattent côte à côte, des ruelles de Naples où la camorra fait la loi, à la forêt sicilienne où les femmes de bandits ont le coeur tendre et le poignard agile, Natoli a élargi le décor de sa saga au royaume des Deux Siciles mais Palerme, ses souterrains et ses palais, en sont toujours le coeur. Le goût de la liberté, l'amour d'une terre lumineuse et ancienne en sont encore l'âme.


  • "Je suis fille du vent et du désert. Et cette rose ne mourra jamais."

    Laura, belle et brillante épouse d'un grand écrivain, disparaît alors qu'elle était sur le point de finir son premier roman. Son mari s'inquiète, la presse s'emballe et toute une ribambelle d'amants en profitent pour dire tout le mal qu'ils pensent d'elle.
    Mais Laura est-elle cette séductrice cruelle et sans cervelle, cette femme calculatrice et superficielle, ce monstre d'égoïsme que décrivent ses amants ?
    Ou bien un être tourmenté et absolu, avide de spiritualité, chroniquement affligé de crises de mélancolie, de ghibli, comme elle dit, qui l'obligent à se retrancher du monde et des hommes ?
    Le subtil commissaire Maurizi mène une enquête discrète sur les traces d'une femme mystérieuse, fascinée par la fresque de Fra Angelico, Noli me tangere, qui a magistralement orchestré sa propre disparition.
    Construit comme un kaléidoscope de dialogues, articles, lettres qui tentent tour à tour d'approcher l'insaisissable Laura, ce court roman est un formidable hommage à une femme libre et à la possibilité qu'a tout un chacun de se réinventer radicalement.

  • Après Le Bâtard de Palerme et La Mort à Messine, nous retrouvons dans Coriolano les personnages de la saga des Beati Paoli. L'affrontement des caractères est ici porté à l'incandescence : dans le heurt entre frère Benedetto, redevenu Coriolano de la Floresta, le chef de la secte qui, en ce milieu du XVIIIe siècle, exerce toujours son pouvoir occulte sur Palerme, et Blasco de Castaglione le compagnon de sa jeunesse ; dans la lutte sans merci qui oppose dans la famille Albamonte le grand-père et le petit-fils ; dans les batailles que doit mener Cesare, l'orphelin, pour reprendre la couronne ducale et enlever Giovanna, séquestrée par sa mère ; dans l'amour désespéré de l'angélique Mariantonia. Mais ce dernier tome, plus encore que les autres, est traversé par le vent de l'histoire, et un personnage passe au premier plan : le peuple de Palerme, avec son parler, ses petits métiers, son sens du grotesque et du sublime, son amour de la liberté. Après tant de duels, de chansons, de chevauchées et d'intrigues, il ne fallait rien moins qu'une révolution pour conclure le plus fameux des romans historiques siciliens.

  • Arianna, belle femme-enfant, est l'épouse de Giulio, qui est riche, plus âgé qu'elle, très amoureux et impuissant. Pour leur plus grande satisfaction à tous deux, il lui organise, sur une plage gérée par un mafieux, des rencontres avec des play-boys qu'elle choisit. Seule et impérative condition : chaque partenaire ne doit lui servir que deux fois. Mais un jour elle jette son dévolu sur Mario, un tout jeune homme qui s'éprend d'elle et exige de la revoir. La transgression du tabou va gripper la machine irrémédiablement et, tandis que nous découvrons le passé très étrange d'Arianna, la catastrophe approche. Quelque part entre Bret Easton Ellis et Simenon, sur un territoire bien éloigné des truculences siciliennes, Camilleri explore la zone grise des dérèglements mentaux dans la banalité de la vie et nous surprend une fois encore par l'étendue de son talent. Et confirme s'il en était besoin qu'il n'est pas seulement un grand écrivain de romans noirs, mais un grand écrivain tout court

  • Automne 1919. Trois figures légendaires de la littérature anglophone, C.S. Lewis, futur auteur des Chroniques de Narnia, J.R.R. Tolkien, futur auteur du Seigneur des Anneaux, Robert Graves, poète et futur auteur des grands essais sur les Mythologies, font connaissance à l'université d'Oxford avec le déjà mythique T.E. Lawrence dit Lawrence d'Arabie et futur auteur des Sept Piliers de la sagesse. Ce roman où tout est vrai et tout est inventé alterne avec grâce épisodes cocasses et moments bouleversants en s'appuyant sur une langue à la fois efficace et poétique.

  • Une épidémie de suicides s'empare de la colonie italienne d'Érythrée : le sort des indigènes n'intéresse guère, mais quand on découvre le corps du marquis Sperandio, propriétaire des terres et pionnier enthousiaste, pendu au plus haut sycomore d'Afelba, les autorités s'émeuvent. Aussitôt le capitaine des carabiniers royaux Colaprico et Ogbà, son Sherlock Holmes abyssin, accourent.
    Nos deux enquêteurs s'égarent dans des fausses pistes à dos de mulet, du port de Massaoua aux hauts plateaux d'Asmara : il faudra bien scruter la terre rouge. Une vieille sorcière, un étrange chien féroce, une princesse noire, d'anciennes amitiés, deux sales types qui cachent bien leur jeu et des métaphores à base de piment viennent épaissir le mystère. Les agioteurs mafieux ne sont pas loin, le temps des hyènes a commencé.
    Cupidité des colons, hostilité des soldats, racisme crasse font de ce court polar un petit bijou du genre, drôle, efficace et diablement sensuel. Il n'y manque ni le recours aux langues locales de la corne de l'Afrique et de la botte italienne, ni la morale finale comme on l'aime. Une réussite.

  • Ça commence par une scène terrifiante de roman noir, quelque part dans les Marais Pontins, ça se poursuit par un bref essai sur les limites de la prostitution et le rapport au corps des jeunes femmes de l'époque berlusconienne, puis on passe à la chronique de moeurs ironique chez les "people" italiens.
    C'est dans ce milieu à la fois puissant et dérisoire que se déroulent les bizarres manoeuvres d'approche d'un spéculateur financier de haut vol à l'égard du narrateur.
    Jouant sur tous les registres, Walter Siti, l'un des plus grands auteurs italiens vivants, nous attache aux destins croisés d'un fils du petit peuple romain, obèse dans son adolescence, génie des mathématiques, devenu "bankster" milliardaire, et d'une mannequin qui gère avec maestria le capital de son corps pour protéger son âme. S'appuyant sur une connaissance approfondie aussi bien des mécanismes et du jargon de l'économie numérisée que sur une intime pratique du parler populaire romain, l'auteur nous fait découvrir comment la fameuse zone grise entre les mafias et la haute finance tend à devenir de fait la finance tout court. A travers une galerie de personnages complexes et attachants - dont l'auteur lui-même - nous sommes transportés au coeur de ces guerres quotidiennes qui nous concernent tous, dont les champs de bataille sont le sexe et l'argent.
    Résister ne sert à rien a obtenu à une écrasante majorité le Premio Strega, plus important prix littéraire attribué en Italie.


  • Une top model est abattue au fusil à lunette durant le défilé de Varaldi, gloire pâlissante de la haute couture italienne.

    Et voilà l'inspecteur Ferraro obligé de mener une enquête dans un milieu où tout le rebute, lui le fils de Quarto Oggiaro, quartier populaire de Milan.
    Avec Mimmo, l'ami d'enfance aux ressources inavouables, et deux femmes de sa vie, la dottoressa Rinaldi, superpolicière internationale, et Luisa, grande dame de la mode, Ferraro va retourner le linge sale de la haute couture, entre affaires de plagiats et filières du trafic de cocaïne.
    Pendant ce temps, Moustache, clochard plein de sens moral, et Aïcha, enfant immigrée échouée dans le sud de l'Italie, se heurtent à toute la méchanceté du monde sous les traits d'un homme d'affaires comme il y en a tant. Dans cette parfaite comédie à l'italienne peuplée de voyous au grand coeur et de râleurs magnifiques, l'inspecteur Ferraro mène la danse avec un mauvais esprit jubilatoire, et fait voir Milan sous toutes les coutures.

  • Peut-on gagner sa vie sans être mafieux quand on naît dans les quartiers populaires de Naples ? Gennaro, 21 ans, le voudrait bien. Mais le voilà convoqué par Don Rafele, le parrain du quartier ? et pas seulement du quartier, comme le garçon va le découvrir. Placé sous la surveillance de Paolino, l'effroyable colosse aux baroques pulsions, il connaîtra de près, dans leurs hideux détails, les trafics mondiaux de drogues, d'armes, d'êtres humains. Sa route croise celle d'agitateurs camorristes au service du maire, d'une tribu africaine avec son roi et son lion régnant sur les souterrains de la ville, d'une putain sud-américaine miraculeusement pure, d'une mère écrasée par l'élimination de son jeune enfant qui a vu ce qu'il ne devait pas voir. Gennaro se détache de sa femme et de ses deux enfants, et quand éclate la guerre des clans le gamin des rues, l'as des virées en scooter, se transforme. Servi par la riche et savoureuse langue du petit peuple napolitain, ce récit nous plonge dans les entrailles noires du Système planétaire, avant de nous amener sur les toits d'une des plus belles cités du monde, d'où Gennaro verra poindre la possibilité de la rédemption.

  • Des rues de Milan aux montagnes de Calabre, des hauteurs du Piémont aux faubourgs de Naples et de Palerme, des écrans berlusconiens aux chambres d'immigrés, ce livre nous emmène visiter le Bel Paese, ce « Beau Pays » comme l'Italie officielle aime s'appeler elle-même. Mais, sous cette Italie-là, s'en dévoile une autre, hilarante et tragique, violente et poétique. Un pays comme le nôtre et pourtant semblable à nul autre.
    Le trafic d'ordures ou d'influences, les crimes mafieux ou policiers, les zones d'ombre de l'Histoire et celles de l'actualité : les thèmes et les codes du polar, qu'ils passent par le récit ou bien par l'analyse, apparaissent comme les mieux à même de rendre compte de l'Italie d'aujourd'hui. Les treize auteurs de roman noir qui nous servent ici de guides appartiennent à la part la plus dynamique et créative de la littérature transalpine contemporaine. À travers mille registres, du plus grave au comique le plus déchaîné, en explorant tous les genres, du conte fantastique à la satire en passant par la nouvelle policière la plus classique, on découvre un pays rongé par la corruption, le décervelage consumériste, la misère et la criminalité. Un pays où s'affirme pourtant la puissance des forces de la création et de la révolte : ce livre en est, parmi d'autres, un exemple.

  • Giorgio Pellegrini, l'antihéros de Arrivederci amore, ancien combattant des luttes sociales des années 70 devenu impitoyable criminel, possède désormais tout ce dont il avait rêvé : une épouse qu'il manipule au gré de ses caprices sadiques et un luxueux restaurant, rendez-vous de tous ceux qui comptent dans sa cité du Nord-Est italien.
    Il gère aussi, avec l'aide de son avocat, le député Brianese, un réseau d'escort-girls pour les politiciens affairistes qui mettent la région en coupe réglée. Mais découvrant que l'avocat l'a grugé, il retrouve ses instincts de voyou brutal pour tenter d'obtenir réparation. Mal lui en prend : l'avocat le fait placer sous la domination de la 'ndrangheta, la mafia calabraise. Pour lui échapper, ses instincts de grand fauve calculateur, même avec l'aide de trafiquants maltais et d'un malfrat russe, suffiront-ils ?Écriture sobre, ironie froide, précision documentaire : avec son talent si singulier, Carlotto réussit une fois encore à nous passionner pour le destin de personnages très peu recommandables tout en nous plongeant au coeur des trafics politico-mafieux de l'industrieuse Vénétie, ce monde pourri qui ressemble tant au nôtre.

  • Natifs des âpres montagnes calabraises de la Locride, trois adolescents, bons élèves et bons fils, choisissent la voie du crime pour échapper à la misère. Mais ils auront beau refuser l'embrigadement de la 'ndrangheta - la mafia calabraise - pour partir à la conquête du monde, devenant braqueurs à Milan puis trafiquants de cocaïne aux contacts des réseaux planétaires, islamistes compris, ils reviendront toujours sur ces hauteurs d'où l'on aperçoit deux mers mais où les porcheries cachent parfois des victimes d'enlèvement crapuleux, où les forêts sont hantées d'âmes noires, fugitifs recherchés par la justice étatique ou la vengeance mafieuse.

  • Mars 1999, Kosovo. Les bombes pleuvent sur Pristina, la ville est encerclée par les Serbes, personne ne bouge. Dans les rues les milices ont carte blanche.
    Trois jeunes femmes sont coincées dans un appartement, à attendre. Plus d'électricité, plus d'eau, plus de téléphone. À la télévision, la propagande bat son plein. Vivre ou mourir, ça n'a plus grande importance, mais on voudrait que ça arrive vite.
    À l'étranger, les exilés kosovars sont isolés au milieu de gens insouciants et futiles, dans le monde de l'abondance et des crèmes antirides. Ils regardent à la télé cette « petite guerre parfaite », une guerre propre et sans bavures qu'on mène depuis le ciel à coups de délicates frappes chirurgicales.

    Dans un style sobre et intense, Elvira Dones donne la version des assiégés, qui écoutent tomber les bombes envoyées par leurs sauveurs.

  • Aux origines de Romanzo criminale, la naissance d'un chef de gang.
    Années 70. Dans la cour d'une prison, un garçon de vingt-cinq ans sauve la vie d'un autre jeune homme, objet d'une tentative d'assassinat. La victime est le neveu d'un chef mafieux. Pour le sauveur, "Le Libanais", c'est le départ d'une fructueuse carrière criminelle. Le "boss" lui offre de participer à un trafic de drogue mais, pour cela, le Libanais va devoir trouver de l'argent... Dans sa quête de fonds, il va tomber amoureux d'une belle bourgeoise gauchiste, Giada, à laquelle il cache le buste de Mussolini qui orne son appartement. À la tête de sa bande de toujours, ce groupe d'enfants des rues avec lesquels il a grandi, il se lance dans un enlèvement...
    Situé, dans la chronologie romanesque, avant Romanzo criminale, ce bref et vigoureux récit permet à ses très nombreux lecteurs de retrouver Dandy, le Buffle et tous les autres personnages de la grande saga du crime à Rome.
    Le magistrat De Cataldo s'appuie sur une connaissance approfondie du roman vrai de la criminalité romaine et, grâce à ses talents de feuilletoniste hors pair, il en tire de la vraie littérature.

  • Début des années 80. Dans une Turin dominée par la Fiat, où les Brigades rouges tirent leurs derniers coups de feu, Giovanni Oddone, petit dealeur et demi-maquereau que seuls le football et les grosses voitures passionnent, est arrêté à la suite d'un imbroglio qui lui vaut d'être accusé de terrorisme. Mais, du fond de sa prison, il va se lancer dans une entreprise à la mesure de son hilarante mégalomanie : monter une arnaque grandiose impliquant la Fiat, la Toro - l'autre équipe de foot turinoise - et Kadhafi. Pour cela, il va utiliser les charmes plastiques de Cosetta, sa petite amie pas vraiment soumise, et les folies cocaïnées d'une héritière fantasque de l'empire Agnelli, mais il lui faudra compter sur de nombreux adversaires : les bureaucrates du foot, une policière amoureuse de Cosetta et surtout la mafia, qui tire les ficelles.
    Roman d'une époque qui brasse aussi bien l'histoire des luttes sociales que celle de la mondialisation industrielle, la géopolitique de la Méditerranée et la catastrophe du stade Heysel, ce livre est habité d'une allégresse désespérée. Il nous fait vivre au rythme fou d'un petit délinquant qui se heurte à bien plus gros que lui et dont les rêves consuméristes résument assez bien l'histoire de la fin du siècle. Si on rit souvent, on ne peut s'empêcher aussi d'être ému, à la fin, par cette version défoncée du pot de terre contre le pot de fer.

  • De part et d'autre d'une vallée de l'Aspromonte, deux familles s'affrontent dans une guerre sans âge et font le décompte de leurs morts. Julien, dit le Gecko, et Agnese, la Nymphe, deux descendants des lignées ennemies, tombent amoureux, sous le regard jaloux du frère jumeau, Alberto, avec la complicité des vieilles tisseuses de soie.
    Mais, dans la Calabre éternelle, les trêves ne durent jamais bien longtemps, et lorsque le père de Julien Dominici est tué, la vendetta reprend et la peste noire s'abat sur la vallée : Julien devient un monstre, un tueur. Alors qu'il sort de prison, vingt ans plus tard, il découvre qu'il est mêlé contre son gré à une sombre histoire de trafic de drogue avec les triades chinoises.

    Souffle épique et antique, sentiment de la nature, affrontement des mythologies, ce roman fait magnifiquement la fusion entre le polar et les batailles mythologiques qui se poursuivent aujourd'hui, sous le poids d'un implacable destin.

  • Des forêts de Tchernobyl aux chantiers navals d'Alang, en passant par les caveaux des banques suisses, les jeunes ambitieux du Dromos Gang ne reculent devant rien et méprisent les frontières. Ils sont riches, beaux, cyniques, éduqués dans les meilleures écoles, tous diplômés en économie. Censés succéder à leurs pères à la tête des plus grandes organisations criminelles, ils décident de s'affranchir des aînés et du poids des traditions, en rompant, souvent très violemment, avec leur camp. Ils veulent aller vite, très vite, au moins aussi vite que l'argent. Experts en blanchiment d'argent et tours de passe-passe financiers, ils pratiquent le crime global sans jamais se salir les mains.
    Par un étrange concours de circonstances, c'est à Marseille, plaque tournante du crime européen, qu'ils se retrouvent pour faire leurs premières armes.
    Face à eux, la commissaire Bernadette Bourdet, alias B.B. Pas précisément élégante ni subtile, cette fan de Johnny Hallyday aux méthodes peu orthodoxes dirige une brigade un peu spéciale, aux limites de la légalité, qui doit tenir sous contrôle tous les trafics de la capitale phocéenne.
    Dans ce roman au rythme effréné, Massimo Carlotto met en scène avec férocité l'affrontement entre le crime "traditionnel" et les nouvelles mafias en col blanc.

  • Le narrateur, arrêté, regarde ses empreintes digitales posées devant lui sur une feuille. Il n'en faut pas plus pour qu'on y soit : dedans. L'histoire d'un homme dont la voix saisit sur-le-champ par sa capacité à décrire avec des mots simples et percutants les réalités sociales les plus brutales, les états d'âme les plus nuancés. Un voyage à rebours, qui commence par une interpellation et s'achève le jour où son père lui apprend à monter à vélo. La prison, l'école, la rue : l'auteur raconte la force des amitiés enfantines, les solidarités des miséreux, les destins écrasés, les faibles qui tapent sur plus faibles encore. Matons et taulards, immigrés et galopins rebelles, ses personnages nous parlent de nos pulsions profondes. On n'avait jamais lu le monde carcéral ainsi raconté, sans apitoiement, avec un laconisme sans égal pour dévoiler l'absurdité des règles et faire sentir, jusque dans les pires moments de la vie, sa puissante poésie. Serveur dans un restaurant à Rome, Sandro Bonvissuto a publié ce récit remarqué dans une des plus grandes maisons d'édition italienne. Le contraste entre la réalité populaire dont il parle et qu'il connaît si bien, et le style épuré, refusant le pittoresque, qu'il utilise, n'est pas pour rien dans la séduction qu'il exerce.  « Un débutant extraordinaire. »  Michela Murgia, La Repubblica

  • Pourquoi un détenu, petit délinquant apparemment sans histoire, est-il libéré dans des conditions particulièrement sanglantes par un commando mafieux ? La commissaire d'une unité d'élite, Elena Rinaldi, se lance à ses trousses, assistée de mauvaise grâce par l'inspecteur Ferraro, un de ses ex. Avec l'aide de Lanza, hurluberlu génial de l'Agence européenne, ils découvrent qu'ils pourchassent en réalité un tueur redoutable, échappé des brûlantes brousses d'Afrique et des camions du trafic d'esclaves. Il poursuit seul une vengeance implacable et toute personnelle. Haile l'Érythréen a tout pour inquiéter : l'anonymat, la cruauté, l'intelligence et une volonté de fer, spartiate, militaire. Le matériel du tueur.
    Gianni Biondillo, maître du roman noir, nous emmène dans un road-movie haletant, d'un bout à l'autre d'une Italie violente, nerveuse, divisée, pétrie de peurs anciennes et nouvelles, accablée par un ciel de plomb, où défile toute une humanité improbable mais bien réelle.
    Le lecteur se laisse emporter, étourdi et reconnaissant.

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