La Volte

  • Au XVIIe siècle, sur la mer des Caraïbes, le capitaine Henri Villon et son équipage de pirates luttent pour préserver leur liberté dans un monde déchiré par d'impitoyables perturbations temporelles. Leur arme: le Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps.
    Qu'espérait Villon en quittant Port-Margot pour donner la chasse à un gallion espagnol? Mettre la main, peut-être, sur une maravilla, une des merveilles secrètes, si rares, qui apparaissent quelquefois aux abords du Nouveau Monde. Assurément pas croiser l'impensable: un Léviathan de fer glissant dans l'orage, capable de cracher la foudre et d'abattre la mort!
    Lorsque des personnages hauts en couleur, au verbe fleuri ou au rugueux parler des îles, croisent objets et intrus venus du futur, un souffle picaresque et original confronte le récit d'aventures maritimes à la science-fiction. De quoi être précipité sur ces rivages lointains où l'Histoire éventrée fait continûment naufrage, où les marins affrontent tous les temps. Car avec eux, on sait : qu'importe de vaincre ou de sombrer, puisque l'important est de se battre!
    L'ouvrage aux cinq prix! Le Déchronologue a reçu le Grand Prix de l'Imaginaire 2010, le Prix européen Utopiales 2009, le Nouveau Grand Prix de la Science-Fiction française (Prix du lundi) 2010 ainsi que le prix Bob Morane 2010 et le Prix Imaginales des Lycéens 2012.

  • Tucson, Arizona.
    Été 1965.

    Fredric Brown, cinquante-huit ans. Écrivain. Myope, asthmatique, cacochyme. Aime les privés en imper, la gaudriole et les aliens narquois. N'a pas tapé une ligne depuis des mois. Alcoolique.

    Roger Vadim, trente-sept ans. Réalisateur. Trois mariages, deux divorces, quatre compagnes. Aime la vitesse, les liqueurs fortes, les filles toutes nues. Vit avec Barbarella.

    De la rencontre des deux hommes germe le plan d'un crime parfait. Mais le destin est contrariant, et c'est une course-poursuite déglinguée qui s'engage, des hauts du Nouveau-Mexique aux déserts de Basse Californie.

    Tueuses sexys, carrosseries froissées, drogues récréatives et musique pop: Brown et Vadim percent une Amérique à feu et à sang, affrontant mille périls sans jamais lâcher le shaker. Au terme de la route attendent leurs propres fantômes et la fin du monde.

    Rouge gueule de bois est le premier roman de Léo Henry, un «road novel» sur l'amitié, virtuose et délirant.

    Le roman est suivi d'un index des lieux, des personnages et des chansons, d'une carte routière, de nombreuses recettes de cocktails, et d'un récit de voyage de l'auteur sur la trace de ses propres fictions.

  • Parvenu à l'âge des choix et des bilans, cet âge où l'on ne peut plus mentir à la vie, le réalisateur Simon Cadique entrevoit un sujet qui pourrait devenir son oeuvre. Un film vérité sur deux figures injustement oubliées de l'histoire, deux fils de la paysannerie picarde qui dans les années 1900 se transformèrent en arpenteurs des airs et en industriels de la modernité, deux frères, les frères Caudron, dont les avions qu'ils fabriquaient à mesure qu'ils les inventaient, et qui portaient leur nom, s'envolèrent à l'assaut du XXe siècle sur les plages de la baie de Somme.Mais comment être certain d'apprécier sans la trahir l'atmosphère faite de neuf et d'ancien qui régnait en baie de Somme un siècle plus tôt ? À quoi pensaient les frères Caudron en bricolant leurs machines ? À quoi pensaient les badauds endimanchés qui regardaient s'élever du sable biplans, biplaces et autres aéroplanes ?Simon sait combien le temps rend chaque époque irrémédiable à l'autre. Mais le temps a sa propre histoire et cette fois, il en a décidé autrement. Amitiés, richesses, souvenirs, amours : toutes les cartes sont en passe d'être rebattues. Car, dans un ressac digne des plus grandes marées, ce sont les époques elles-mêmes qui viennent se percuter à l'embouchure de la Somme.Dans ce roman où, entre enquêtes et aventures, les lumières de la baie de Somme apparaissent comme une suite de peintures, où la sensualité des plats et des vins de différents âges traverse les époques, où les rencontres et les possibles galopent sur des paradoxes de la physique moderne, Philippe Curval élabore un tableau subtil et mouvant, dessinant la rencontre des hommes et d'une nature que le temps n'a de cesse de réinventer.Dans une petite école d'Hafnafjordur, entre une falaise arpentée par les fées et un champ de lave hanté par le passé, se noue un drame cosmique aux fantastiques implications. Où est passé Elliot, le très vieux concierge muet et autiste, à la veille d'une dernière kermesse? Comment a-t-il réussi à quitter une chambre sans fenêtres, fermée de l'intérieur? Bracken, le professeur de dessin parti à sa recherche, va mettre au jour un impossible secret, écho des plus vieux mythes islandais, où absurde, poésie et terreur se confondent dans le mystère d'un dangereux cache-cache.

  • Pollen

    Jeff Noon

    Lundi 1er mai: le taux de pollinisation s'élève et Manchester est pris dans un éternuement qui prend dangereusement de l'ampleur; homme-chiens, zombies, roboflics, tous ceux qui peuvent rêver dans le Vurt sont atteints. Perséphone, femme enfant, sème la mort et les fleurs autour de ceux qui l'approchent, une Ombre flic et un chien flic enquêtent pour éviter une conflagration funeste, par laquelle le monde du rêve envahirait la ville. Des portes sont en train de s'ouvrir entre les espèces. Deux mondes, l'un réel, l'autre imaginaire, s'interpénètrent, à tel point que le lecteur perd de vue la lisière qui les sépare, thème de prédilection d'un Jeff Noon poète halluciné, qui joue ici avec nos émotions.

  • L'épitaphe de l'authentique Nicolas Eymerich, dominicain nommé Inquisiteur Général d'Aragon en 1357, évoque sa personnalité: «prédicateur de la vérité, inquisiteur intrépide, docteur de premier ordre».
    Sous la plume de Valerio Evangelisti, le magister Eymerich, détective d'une redoutable efficacité, doté d'un tempérament implacable, enquête sans faillir sur les phénomènes aberrants. Le premier volet de ses aventures décrit sa fulgurante accession au plus haut des pouvoirs de son temps. Grâce à une conviction aussi manichéenne qu'inébranlable, l'Inquisiteur combat sans vergogne ce qu'il ne comprend pas, car il doit faire face à des apparitions dans le ciel et des naissances monstrueuses qui effraient les villageois.

    Au XXIIe siècle, un vaisseau envoyé dans le passé à la recherche d'une mystérieuse relique religieuse rate sa cible et se retrouve à proximité du lieu où officie l'Inquisiteur, tandis qu'à notre époque, un jeune homme nommé Frullifer tente, tant bien que mal, de défendre une thèse révolutionnaire sur une science énigmatique: la psytronique.

    Le talent de l'auteur est de nouer ces trois histoires et trois temps différents, jusqu'à les entremêler, là où le futur ouvre de nouvelles perspectives sur le passé. Grâce à une écriture efficace, des dialogues d'une noirceur mordante et une cadence effrénée, Valerio Evangelisti revitalise la littérature de l'imaginaire, dans un curieux mélange d'histoire, d'horreur et de science-fiction.

  • Le stathouder Arec est chargé par la PSI (Protection Surveillance Intervention) du bunker d'éliminer Anjelina Séléné contaminée par les «autres». Il efface comme à chaque fois, en bon professionnel, sa cible, mais l'image de cette femme hante régulièrement ses pensées. Aurait-il exceptionnellement des remords? Une fois sa mission effectuée, il réintègre le bunker, bâtiment souterrain où travaillent et sont logés les membres de la PSI. Il emprunte des chemins détournés en évitant comme à son habitude les postes de contrôle, mais cette fois-ci un fonctionnaire zélé aperçoit son manège et le dénonce. Arec est convoqué par ses supérieurs, mais l'entrevue tourne plus autour de sa dernière «cible» - l'a-t-il réellement effacée - que des entorses au règlement. Qui est réellement cette jeune femme pour que les instances dirigeantes du bunker s'y intéressent à ce point? Kô, son ami et voisin, a qui il demande régulièrement conseil pense qu'il n'y a pas besoin de lire entre les lignes pour conclure que les dirigeants du bunker veulent sa peau d'une manière ou d'une autre. Mais qui sont réellement les gouvernants du bunker et, au delà, des différentes communautés qui peuplent la surface? La Tête, alias le président, alias le condottiere, qui ne montre jamais le même visage sur l'écran des Anes, et dont personne ne connaît la véritable apparence -humain, machine, extra-terrestre? Ou bien la Girouette chargée d'énoncer lois et règlements et qui n'hésite pas à faire intervenir les jeux de hasard pour attribuer certains fonctions ou certains titres?

  • « On a souvent tendance à croire que l'imaginaire rime avec l'ailleurs, pour se détacher justement d'une réalité parfois trop... envahissante. Et s'il s'amuse à dépeindre, presque par principe, le grandiose, le démesuré, l'inédit ou le singulier, l'imaginaire aime aussi se nicher, se terrer, s'enfouir et prendre racine dans le détail et le relief du réel. C'est pourquoi La Volte vous propose de creuser votre sillon en faisant rimer imagination avec région. Dans le passé, le présent, le futur, parlez de la région de votre choix (industrielle, intacte, morne, vivante, sublime, détestable, recherchée, oubliée, et plus encore si affinités), celle que vous aimez ou détestez, mais celle qui vous inspire ! Il ne s'agit ni de prôner le retour au terroir, ni d'exalter la mondialisation. Il s'agit de surprendre, en entremêlant deux notions qui pourraient sembler antinomiques : d'un côté l'ancrage dans les spécificités et les vérités d'un lieu, et de l'autre le dépassement des frontières et du réel. »
    Stéphane Beauverger et David Calvo 15 janvier 2014

    Quatorze territoires français saisis par l'imaginaire. Énigmes de la mémoire, mythes fondateurs, retour vers l'enfance ou basculement vers l'abîme, le terroir devient le berceau de toutes les histoires.

  • Pour Akiloe, le jeune indien Wayana qui se baigne dans le fleuve, au coeur d'une réserve dans la forêt amazonienne, l'univers des blancs ne s'exprime qu'à travers la voix du transistor de radio Paramaribo ou dans les reflets d'aluminium des ustensiles de cuisine qui s'empilent comme des totems divins sous les "carbets", ces fragiles habitations des Indiens de Guyane. Son avenir semble dicté par l'esprit des arbres et du fleuve, par le "souffle de la forêt". Passer de l'âge de pierre à celui d'Ariane en assimilant la culture républicaine devient alors un parcours initiatique d'une singulière complexité dont le jeune Indien triomphe peu à peu. Le parcours original d'un enfant qui sera formé par une jeune institutrice à l'âme de missionnaire, adopté par un réfugié polonais restaurateur et physicien, avant de s'élever vers le ciel : Akiloë sera sauteur à la perche avant de passer toutes les épreuves pour devenir astronaute. Jusqu'au jour où il s'envolera enfin pour l'espace, porté par le souffle de la forêt. Quels effets "l'éducation occidentale" peuvent produire sur un enfant surdoué, fort imaginatif, dont la culture originelle n'a pas été définitivement fixée par l'expérience ? Tel est le thème de ce roman nourri d'émotion où les éléments du savoir sont soumis au filtre d'une sensualité native, celle d'un habitant de la forêt. Philippe Curval a su trouver la fraîcheur inventive de l'imagination indienne pour écrire une fable cruelle et magique, celle des tribus amazoniennes face à l'invasion de la civilisation blanche, dans le décor déconcertant d'une Guyane confrontée à l'oubli d'un passé peu glorieux, à ses contradictions économiques, sociales, raciales, juste au moment où l'avenir spatial s'affirme sur son territoire.

  • Vurt

    Jeff Noon

    Dans les rues de Manchester, battues par la pluie et infestées d'ombreflics, errent les Chevaliers du Speed, une bande de déjantés accros aux plumes Vurt, la meilleure drogue qui se puisse rêver. Comme dit maître chat, cependant, soyez prudents, très prudents, ce voyage n'est pas pour les faibles. Mais Scribble n'en fait qu'à sa tête. Il recherche la plume Vurt, ultime, mythique. Une quête qui le mènera au-delà des frontières de l'amour et de lui-même, sans espoir de retour.

  • 1844 : le sorcier Aleister Crowley, revenu dans le temps, offre à Edgar Poe son plus fameux poème. 1927 : Blaise Cendrars et Corto Maltese passent les fêtes à Rio sur la piste d'un serial killer. 1936 : George Orwell et Indiana Jones s'allient contre le fascisme espagnol. En des temps plus incertains, on exhume des textes inédits du cerveau d'écrivains comateux, on se rend à Prague pour surmonter ses phobies littéraires ou on échange, avec le Diable, son talent contre une âme (et non l'inverse). On trouvera aussi, dans ce recueil de nouvelles fantastiques, fantasques, borderlines ou pleinement réalistes (souvent les plus étranges) : une machine à piéger les paroles, un pionnier de l'aviation, des pirates surinamiens, des dieux égyptiens et hindous, des filles peu vêtues (dont une est un robot), des explorateurs de terres lointaines, des fous de toutes sortes et quelques vrais fantômes.Nouvelles réunies par Richard Comballot, préface de Mélanie Fazi.

  • L'Angleterre est rongée par une étrange épidémie : les victimes n'arrivent plus à décoder l'information. Les mots sont indéchiffrables, la musique une suite de bruits hostiles. Les miroirs reflètent des inconnus monstrueux. Sillonnant l'asphalte au jour le jour, quatre paumés tiennent le coup grâce à une mystérieuse poudre qui atténue temporairement les effets de la maladie. Marlene, hantée par la perte de sa fille, prend des notes pour résister à la désagrégation. Son but : retrouver et réunir les fragments d'un miroir qui pourrait tout à la fois détenir la source du mal comme sa solution. Descendre en Marche est un « road novel », le premier du genre implanté dans le décor britannique, reflet de notre société, dans laquelle l'excès d'information engendre la perte de sens, les peurs et la solitude dans la foule.

  • Qui est Tony Montaldi? Qu'un ex-flic s'exprime en latin, il y a de quoi douter. Qu'il confie à Karen Novalsky, une privée, la recherche de sa moitié schizophrénique, « disparue » sans laisser de trace et c'est tout l'univers qui bascule dans un verre de scotch-benzédrine. Dessoûlée, Karen découvre rapidement qu'elle n'est pas seule sur la piste.

    Mais quel rapport Montaldi et son double perdu peuvent-ils entretenir avec la révolte des modz sur Europe? Avec les facéties d'Anima, une intelligence artificielle en butte à la mélancolie? Quel lien avec l'astronaute Abraham Flighenstein de retour de la Nébuleuse de la Tarentule? La mort d'un ingénieur de la Compagnie de Navigation, en pleine dérive synaptique? Les peines de coeur du lieutenant Katleen Slovotba? La reconversion de Gros-Boeuf en lapin dealer? Et avec les tiraillements d'une poignée d'universicules?

    Tony Montaldi pourrait aussi bien être la clé d'un complot aux dimensions interstellaires qu'un McGuffin jeté par un dieu ivre à ses ouailles défoncées. Mais si une Danseuse a pris la peine de quitter la fin des temps pour venir mettre de l'ordre du côté de Narcose, c'est que manifestement, « un frottement de branes et de cordes, d'étincelles quantiques » ont fini par mettre « le feu aux poudres de la Structure. » Dernières nouvelles! On annonce l'évasion de Belzébuth et de sa bande de mouches

    Le Tueur venu du Centaure déroule un récit qui, ainsi que le définit Jacques Barbéri, «passe le cyberpunk et le polar hard boiled à la moulinette de l'avant-pop!»
    Une délectation où la langue tortille comme une « plastiqueue », suave, neuve. Fourrageusement rabelaisienne.

    Le Tueur venu du Centaure est le troisième volet, inédit, du tryptique de Narcose.

  • Pixel juice

    Jeff Noon

    Voici cinquante récits, cinquante fragments où les genres et les styles s'entrecroisent, se pénètrent et se fécondent, cinquante histoires, étranges, frappantes, dérangeantes ou carrément bizarres, nées dans les zones troubles de la médiasphère et aux marges de la « dance culture ».

    Contes de fées urbains, modes d'emploi de machines disparues, grand huits ivres de mots, rappels de produit, pubs pour des objets improbables et club remix conceptuels : Jeff Noon explore les pouvoirs musicaux du langage pour créer de la magie en prose. On retrouve ou l'on découvre ici son univers flou, les rues d'un Manchester décalé, nostalgique ou futuriste, la musique, l'écriture, l'enfance cruelle, le monde du rêve. Et l'autre côté du miroir nous fixe intensément. De quoi vous rendre accroc à Noon dès la première prise.

  • Elliot du néant

    David Calvo

    Islande, 1986. Un hiver sans soleil. Une île au bord de l'implosion volcanique. Un monde sans Internet, sans téléphones portables, à l'aube d'une nouvelle ère digitale.

    Dans une petite école d'Hafnafjordur, entre une falaise arpentée par les fées et un champ de lave hanté par le passé, se noue un drame cosmique aux fantastiques implications. Où est passé Elliot, le très vieux concierge muet et autiste, à la veille d'une dernière kermesse? Comment a-t-il réussi à quitter une chambre sans fenêtres, fermée de l'intérieur? Bracken, le professeur de dessin parti à sa recherche, va mettre au jour un impossible secret, écho des plus vieux mythes islandais, où absurde, poésie et terreur se confondent dans le mystère d'un dangereux cache-cache.

  • Intrabasses

    Jeff Noon

    Elliot, un bassiste de vingt-cinq ans, rencontre un groupe de musique électro-acoustique : une chanteuse, une dj, un batteur. Fasciné par leur talent brut de décoffrage, il découvre leur secret : une nouvelle méthode qui permet d'enregistrer le son sous forme liquide. Chaque morceau, conservé dans une sphère pleine d'un fluide épais, peut être remixé en le secouant. Les possibilités artistiques lui donnent le vertige, et la drogue omniprésente menace de recouvrer son emprise sur lui, jusqu'au jour où le batteur disparaît. Commence alors une quête aux racines de la musique - le père et le grand-père étaient musiciens eux aussi, dans les styles de leur époque, et la famille semble porteuse d'une lourde hérédité pleine de secrets haineux. Et la musique liquide, bien sûr, peut être bue, inhalée, injectée. Drogué au son, Elliot plonge dans les remix de son coeur. Les chapitres sont des chansons ; ils peuvent être remixés, adaptés, en différents styles, du jazz au skiffle, du punk à la pop et à la dance ; la musique envahit les pages, coule dans les veines et modèle le monde.

  • En 1362, L'inquisiteur Nicolas Eymerich d'Aragon enquête sur la mort mystérieuse de confrères dominicains dans le sud de la France. En se rendant dans la région de Cahors, sous occupation anglaise, il est confronté à d'étranges phénomènes : nuées d'insectes deux fois plus gros que la normale qui détruisent toutes les récoltes, réduisant les populations à la misère, murailles de brumes qui recouvrent des régions entières, moines difformes et autres maléfices que la raison a du mal expliquer. Parallèlement à cette enquête, nous suivons l'épopée de Jeanne d'Arc au début du quinzième siècle, son ascension et sa chute, ses visions parfois horribles et ses rapports avec Gilles de Rais, son compagnon d'armes aussi héroïque que pervers.

    Sur un troisième plan de réalité, se déroule la guerre qui oppose l'Euroforce et les néonazis de la RACHE de 1990 à 2068, en de terrifiantes batailles entre les Mosaïques, soldats fabriqués avec des morceaux de cadavres, et les Polyploïdes, soldats génétiquement modifiés. Mais l'arme la plus terrible est le Vortex, une station orbitale capable de manipuler les rêves et l'imaginaire de l'humanité qui gère pour le compte de l'ONU tous les réseaux oniriques satellitaires. Arme terrifiante qui devient soudain incontrôlable À l'origine de ce chaos qui se fait échos à travers les siècles, un texte ancien, ésotérique, l'Aurora consurgens, (traité alchimique attribué à St Thomas d'Aquin, redécouvert par C.G. Jung. et traduit par Marie-Louise von Franz), d'une part, et un virus informatique intitulé Kaiser Sze (en référence au personnage du « Diable boiteux » dans le film de Bryan Singer, Usual Suspects) qui contamine le Vortex, d'autre part. Un rationalisme absolu et l'exaltation de la foi le guident et vont permettre à Eymerich de démêler les fils de l'intrigue qui relient ces trois niveaux de réalité temporelle. Il va ainsi se retrouver face à l'entité qui est à l'origine de tous ces désordres du temps et de la matière, la face obscure de l'archétype féminin, la grande dévoreuse, sans pitié et famélique, antithèse de l'image maternelle dont elle est complémentaire pour former l'éternel féminin. Ce monstre terrifiant a concocté au fil des siècles un plan totalement hérétique pour l'inquisiteur aragonais : substituer à la domination masculine un monde matriarcal impitoyable

  • Qui a tué Pricilla Rosetawer»? Harry Botkine est un artiste consacré, un as du rodéométathrombix, des concerts en perfusion collective. Lorsqu'il reçoit le corps de son amie, momifié dans un cocon en soie d'araignée, il est déjà trop tard. Quant au message accompagnant le crime, délivré par une grenade de pollen métabolique, il est au-delà de l'obscur, jouant « toutes les couleurs du noir ».
    À une vitesse hallucinée, passant entre les mains, les bouches et les symbiotes sexuels de femmes voraces et volup-tueuses, Harry remonte le fil. Ou n'est-ce pas plutôt qu'il s'englue dans la toile tendue par le meurtrier»? Narcose. Psychose»? Harry Botkine n'est-il pas le premier suspect»? Ce n'est qu'au bout d'un voyage d'un érotisme torride et angoissant, en ayant « acquis, comme les rêveurs, le don de se voir agir » qu'Harry touchera au coeur de la psychomachination.

  • 1361. À Saragosse, quiconque entre en possession d'un mystérieux ouvrage de magie occulte est assassiné par des créatures à tête de chien. Nicolas Eymerich, inquisiteur, va devoir résoudre cette nouvelle énigme et pénétrer sur les terres de ses ennemis musulmans, dans le royaume arabe de Grenade.
    Libéria, des siècles plus tard. Des mercenaires de l'Euroforce, alliés aux chemises noires de la RACHE, provoquent l'exode massif et apocalyptique d'enfants de sable vers l'empire du Bouganda. Aux Canaries où il est exilé, le professeur Marcus Frullifer assiste à un phénomène inexplicable : chaque année, au moment de la Fête du diable, les patients de la clinique psychiatrique locale se mettent à aboyer furieusement.
    Trois intrigues et un défi : lier audacieusement l'Espagne du XIVe siècle au futur proche d'une Afrique parallèle.

  • 1341. Sur ordre secret du Pape, un groupe de cinq dominicains, se surnommant eux-mêmes le Français, le Catalan, le Castillan, l'Allemand et l'Italien, s'apprête à encourir la damnation éternelle afin de porter un coup mortel à l'ennemi héréditaire de la religion catholique.

    1369, la peste se répand sur l'Europe. L'inquisiteur Nicolas Eymerich enquête au château de Montiel où s'est réfugié Pierre le Cruel, roi de Castille, assiégé par l'armée d'Henri de Trastamare et les mercenaires de Du Guesclin. Ce château à l'architecture étrange, poisseux labyrinthe flanqué de 10 tours et d'innombrables galeries, se révèle vite être une tanière infâme où les murs tremblent, où l'impossible mosaïque humaine de villageois chrétiens, de serviteurs juifs et de soldats mahométans n'attend qu'un prétexte pour se disloquer. Jeunes enfants vidés de leur sang, apparitions démoniaques, raclements sordides sous les fondations, murs imprégnés de symboles de la kabbale: la toile des secrets s'épaissit à chaque pas. L'impénétrable inquisiteur Eymerich ne craint pas d'affronter la haine, mais peut-être craint-il son sentiment contraire, un sentiment qu'il n'ose nommer et qui l'assaille dans les tréfonds de ce château où se cache le regard serein et déterminé d'une femme juive qu'Eymerich avait, autrefois, soumise à la question.

    Hiver 1944, Le Sturmbannführer des SS Viktor von Ingolstadt, responsable de la sécurité du camp de concentration de Dora, aidé par le professeur Nitsche du bureau du T4, est sur le point de réaliser grâce aux avancées de la science un projet d'une ambition démesurée: la création du soldat allemand du futur, le guerrier parfait, réplique des chevaliers du Moyen-Âge.

    De l'Europe de la peste noire à celle de la peste brune, les temps s'entrecroisent à nouveau sous la plume acide de Valerio Evangelisti. Cette nouvelle enquête de Nicolas Eymerich porte sa quête de vérité au bord d'un abîme sans fond où enfle et remue la haine millénaire.

  • Barcelone, 1372. le grand inquisiteur du royaume d'Aragon se lance dans ce qu'il pressent être sa dernière aventure. Nicolas Eymerich va enquêter sur la mort de Ramón de Tárrega en laquelle il ne croit pas, et suivre la piste de son ennemi en Sardaigne puis en Sicile, jusqu'à Naples. Tout au long de son périple, il va être confronté à d'étranges disques lumineux qui apparaissent dans le ciel, d'horribles foetus démembrés et de quelques fantômes aux silhouettes non étrangères... Quelle origine commune à tous ces phénomènes ? La pratique de l'art alchimique ? Le Liber Aneguemis, un livre dont la possession est un péché mortel ? Secrètement, le récit se divise en cinq parties qui correspondent aux cinq phases du processus alchimique et leurs couleurs associées : nigredo (noir), albedo (blanc), citinitras (jaune), rubedo (rouge) cinquième essence (sans couleur mais symbolisée par l'or). Puzzle qui ne révèle sa véritable apparence qu'une fois achevé, ce dernier opus prend également parfaitement sa place à la fin du cycle et permet d'apprécier la structure de l'ensemble sous un nouvel éclairage qui irait de l'enfance d'Eymerich jusqu'à la fin de sa vie. Un tour de force et probablement l'une des meilleures aventures du cycle.

  • L'épitaphe de l'authentique Nicolas Eymerich, dominicain nommé Inquisiteur Général d'Aragon en 1357, évoque sa personnalité: «prédicateur de la vérité, inquisiteur intrépide, docteur de premier ordre».

    Dans la seconde moitié du XIVe siècle, le Grand Inquisiteur Nicolas Eymerich conduit une expédition en Savoie afin d'enquêter sur une improbable résurgence de l'hérésie cathare. Celle-ci, située dans un cadre historique minutieux, laisse apparaître petit à petit des aberrations qui trouveront des échos à différentes époques. Pourrait-il exister un lien entre l'expédition d'Eymerich en 1365 et un trafic d'organes au Guatemala dans la seconde moitié du XXe siècle? Ou avec des recherches en génétique conduites par la Rache, organisation eugéniste et survivance du cauchemar hitlérien? Et si ce lien existait, quelle en serait l'incroyable nature?

    Seule la main de fer d'Eymerich pourra dénouer un à un les fils de cet écheveau diabolique et libérer la vérité de ses chaînes, si étroitement emmêlées à travers les siècles. Dans cet entrelacs remarquable de coïncidences entre passé et futur se dessine une vision de notre monde où les hommes n'ont rien à envier aux démons en matière de férocité.

    Avec cette deuxième aventure d'Eymerich, Valerio Evangelisti enjambe à nouveau les siècles. Suivant le fil d'une intrigue particulièrement tortueuse, menée comme dans le premier volume sur trois époques fort éloignées, il revisite une question des plus anciennes: que feraient les hommes d'un pouvoir qui les place entre les démons et les dieux?

  • Pour sa troisième aventure, Nicolas Eymerich, inquisiteur d'Aragon, se rend à Castres, en 1358, pour enquêter sur la secte des masc buveurs de sang. Il y rencontrera également quelques cathares, et ceux qui ont lu Les Chaînes d'Eymerich se réjouiront d'apprendre comment il a gagné son surnom de Saint Mauvais. Parallèlement, au XXe siècle, un savant fou propose à diverses factions extrémistes Ku Klux Klan, OAS, etc. de propager une maladie mortelle pour les gens de couleur, l'anémie falciforme, qui a pour conséquence une gigantesque hémorragie de tous les vaisseaux sanguins.

    Sur cette base peu ragoûtante, Valerio Evangelisti a construit un roman d'horreur et de suspense plutôt enlevé et dynamique. Tout va très vite dans cee histoire, où le roman policier médiéval se taille la part du lion par rapport à la S-F réduite ici à la portion congrue sauf dans les dernières pages où elle revient en force. Outre une documentation historique toujours impressionnante, on retiendra notamment la frappante description de Castres, avec ses murs rougis par la teinture de garance, et quelques affreux personnages au côté desquels Eymerich finirait par paraître presque sympathique. L'intérêt principal du livre est d'ailleurs le développement de la personnalité de l'inquisiteur, qui révèle ici des aspects insoupçonnés, et notamment une propension à la pitié dont on ne se serait pas douté au vu des épisodes précédents une propension, toute relative, et qui ne l'empêchera pas de jouer du briquet au détriment des hérétiques.

  • Milieu du XXème siècle. Menant un combat acharné contre le conformisme académique, le psychanalyste Wilhelm Reich démontre l'existence d'une force issue de la libido : l'énergie orgonique.

    1365. Alors qu'il accompagne contre son gré le roi Pierre IV en Sardaigne, l'inquisiteur Eymerich se retrouve aux prises avec de tortueux complots royaux et doit enquêter au coeur d'un très ancien culte païen.

    Un proche avenir. La mort rouge a ravagé la planète. Au sein des fédérations de fortune constituant l'Amérique, tout contact entre hommes et femmes est formellement prohibé.

    Les mystères et les cauchemars interfèrent, temps et espace vacillent, alors que Nicolas Eymerich se dresse contre les ennemis de l'Ordre et de la Foi.

    Ce quatrième volume des aventures d'Eymerich marque une étape importante dans la série. Plus long, plus complexe, il commence à dévoiler le projet global d'Evangelisti. Le schéma général de l'histoire du futur « évangélique » se met en place, et il est frappant de constater combien cet avenir dystopique plonge ses racines dans le passé, et plus précisément à l'époque d'Eymerich.
    Toutes les époques possèdent leurs inquisiteurs !

    Et pour ceux qui ignorent encore tout du redoutable dominicain, cette histoire d'horreur aux accents quasiment lovecraftiens constitue une excellente entrée en matière.

  • Échapper à la disparition finale ou s'y précipiter, telle pourrait être l'obsession commune des personnages mis en scène par Philippe Curval. Ces journaux ultimes traduisent les désirs paradoxaux, les fièvres qui agitent l'individu face à son devenir ou confronté à son passé.
    Peut-on habiter un Picasso? Quelles fins recèle l'étonnante ardeur sexuelle procurée par un mystérieux pénis d'ivoire? Qu'advient-il lorsqu'un foetus s'oppose à sa naissance? Celui qui ose arrêter le temps se prépare-t-il un sort enviable?
    Dix nouvelles subversives, littéraires en diable, qui prouvent que la mort réserve des surprises à ceux qui tentent de refuser l'inéluctable dénouement.

    Couronnée par les prix Jules Verne (le Ressac de l'Espace), de la Science-Fiction française (l'Homme à rebours) ou Apollo (Cette chère humanité), son oeuvre fait aujourd'hui référence pour la littérature de l'imaginaire. Philippe Curval aura 1000 ans en 2929.

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